La seule bénédiction de notre Mère l'Église est la vérité qui nous rendra libres


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Catégorie : Foi, doctrine & morale catholiques

Auteur : Cardinal Müller

Nombre de consultations : 906

À une époque où une fausse anthropologie sape l'institution divine du mariage entre un homme et une femme, avec la famille et ses enfants, l'Église devrait se souvenir des paroles de son Seigneur et Chef : « Entrez par la porte étroite ; car la porte est large et le chemin spacieux qui mène à la destruction, et ceux qui entrent par là sont nombreux. La porte est étroite et le chemin qui mène à la vie est resserré. Et ceux qui le trouvent sont peu nombreux. » (Mt 7, 13-14).

"Fiducia supplicans" se contredit elle-même

Source : Belgicatho – Du Cardinal Müller sur The Pillar

21 décembre 2023

Le Vatican a suscité cette semaine un vaste débat parmi les évêques et d'autres responsables de l'Église, après la publication lundi de Fiducia supplicans, qui offre un cadre pour les bénédictions cléricales des couples de même sexe.

Si certains ont loué le texte du Dicastère pour la doctrine de la foi, d'autres ont exprimé de sérieuses inquiétudes, et certaines conférences épiscopales ont repoussé la mise en œuvre du document dans leur pays.

La Fiducia supplicans a été rédigée par le cardinal Victor Manuel Fernandez, qui a été nommé à la tête du Dicastère pour la doctrine de la foi au début de l'année.

Mais le cardinal Gerhard Müller, qui a dirigé le bureau doctrinal du Vatican de 2012 à 2017, a déclaré dans un essai jeudi que le texte est "auto-contradictoire" et "nécessite une clarification supplémentaire".

Mgr Müller a envoyé cet essai, avec une autorisation exclusive de publication, à The Pillar, ainsi qu'à des publications travaillant en italien, en espagnol et en allemand.

À la lumière du débat actuel sur la Fiducia supplicans et sur le rôle de Mgr Müller dans l'Église, The Pillar publie son essai ci-dessous, dans son intégralité :

La seule bénédiction de notre Mère l'Église est la vérité qui nous rendra libres. Note sur la déclaration Fiducia supplicans

Cardinal Gerhard Ludwig Müller

Avec la Déclaration Fiducia supplicans (FS) sur la signification pastorale des bénédictions, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) a fait une affirmation qui n'a pas de précédent dans l'enseignement de l'Église catholique. En effet, ce document affirme qu'il est possible pour un prêtre de bénir (non pas liturgiquement, mais en privé) des couples qui vivent une relation sexuelle en dehors du mariage, y compris des couples de même sexe. Les nombreuses questions soulevées par les évêques, les prêtres et les laïcs en réponse à ces déclarations méritent une réponse claire et sans équivoque.

Cette déclaration ne contredit-elle pas clairement l'enseignement catholique ? Les fidèles sont-ils obligés d'accepter ce nouvel enseignement ? Le prêtre peut-il pratiquer ces nouvelles pratiques qui viennent d'être inventées ? Et l'évêque diocésain peut-il les interdire si elles avaient lieu dans son diocèse ? Pour répondre à ces questions, voyons ce que le document enseigne exactement et sur quels arguments il s'appuie.

Le document, qui n'a été ni discuté ni approuvé par l'Assemblée générale des cardinaux et évêques de ce dicastère, reconnaît que l'hypothèse (ou l'enseignement ?) qu'il propose est nouvelle et qu'elle se fonde principalement sur le magistère pastoral du Pape François.

Selon la foi catholique, le pape et les évêques peuvent mettre certains accents pastoraux et relier de manière créative la vérité de la Révélation aux nouveaux défis de chaque époque, comme par exemple dans le domaine de la doctrine sociale ou de la bioéthique, tout en respectant les principes fondamentaux de l'anthropologie chrétienne. Mais ces innovations ne peuvent aller au-delà de ce qui leur a été révélé une fois pour toutes par les apôtres comme parole de Dieu (Dei verbum 8). En effet, aucun texte biblique, aucun texte des Pères et des Docteurs de l'Eglise, aucun document antérieur du magistère ne vient étayer les conclusions de FS. De plus, ce que nous voyons n'est pas un développement mais un saut doctrinal. Car on ne peut parler de développement doctrinal que si la nouvelle explication est contenue, au moins implicitement, dans la Révélation et, surtout, ne contredit pas les définitions dogmatiques. Et un développement doctrinal qui atteint un sens plus profond de la doctrine doit s'être produit graduellement, à travers une longue période de maturation. En fait, la dernière déclaration magistérielle sur ce sujet a été émise par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans un responsum publié en mars 2021, il y a moins de trois ans, et elle a catégoriquement rejeté la possibilité de bénir ces unions. Cela s'applique aussi bien aux bénédictions publiques qu'aux bénédictions privées pour les personnes vivant dans des conditions de péché.

Comment FS justifie-t-elle la proposition d'une nouvelle doctrine sans contredire le document précédent de 2021 ?

Tout d'abord, FS reconnaît que les Responsum de 2021 de la CDF et l'enseignement traditionnel, valide et contraignant sur les bénédictions ne permettent pas de bénir dans des situations qui sont contraires à la loi de Dieu, comme dans le cas d'unions sexuelles hors mariage. Cela est clair pour les sacrements, mais aussi pour d'autres bénédictions que FS appelle "liturgiques". Ces bénédictions "liturgiques" appartiennent à ce que l'Église a appelé les "sacramentaux", comme en témoigne le Rituale Romanum. Dans ces deux types de bénédictions, il doit y avoir un accord entre la bénédiction et l'enseignement de l'Église (FS 9-11).

Pour accepter la bénédiction de situations contraires à l'Evangile, la DDF propose donc une solution originale : élargir le concept de bénédiction (FS 7 ; FS 12). Cela se justifie comme suit : Il faut aussi éviter le risque de réduire le sens des bénédictions à ce seul point de vue [c'est-à-dire aux bénédictions "liturgiques" des sacrements et des sacramentaux], car cela conduirait à attendre pour une simple bénédiction les mêmes conditions morales que celles qui sont exigées pour la réception des sacrements" (FS 12). En d'autres termes, un nouveau concept de bénédiction est nécessaire, un concept qui va au-delà des bénédictions sacramentelles afin d'accompagner pastoralement le cheminement de ceux qui vivent dans le péché. 

Or, en réalité, cette extension au-delà des sacrements se fait déjà à travers les autres bénédictions approuvées dans le Rituale Romanum. L'Église n'exige pas les mêmes conditions morales pour une bénédiction que pour la réception d'un sacrement. C'est le cas, par exemple, d'un pénitent qui ne veut pas abandonner une situation de péché, mais qui peut humblement demander une bénédiction personnelle pour que le Seigneur lui donne la lumière et la force de comprendre et de suivre les enseignements de l'Évangile. Ce cas ne nécessite pas un nouveau type de bénédiction "pastorale". 

Pourquoi, alors, est-il nécessaire d'élargir le sens de "bénédiction", si la bénédiction telle qu'elle est comprise dans le Rituel romain va déjà au-delà de la bénédiction donnée dans un sacrement ? La raison en est que les bénédictions envisagées par le Rituel romain ne sont possibles que sur "des choses, des lieux ou des circonstances qui ne contredisent pas la loi ou l'esprit de l'Évangile" (FS 10, citant le Rituel romain). Et c'est ce point que la DDF veut dépasser, puisqu'elle veut bénir des couples dans des circonstances, comme les relations entre personnes de même sexe, qui contredisent la loi et l'esprit de l'Évangile. Il est vrai que l'Église peut ajouter de "nouveaux sacramentaux" aux sacramentaux existants (Vatican II : Sacrosanctum Concilium 79), mais elle ne peut pas en changer le sens de manière à banaliser le péché, surtout dans une situation culturelle idéologiquement chargée qui induit également les fidèles en erreur. Et ce changement de sens est précisément ce qui se produit dans FS, qui invente une nouvelle catégorie de bénédictions au-delà de celles qui sont associées à un sacrement ou à une bénédiction tels que l'Église les a compris. FS dit qu'il s'agit de bénédictions non liturgiques qui appartiennent à la piété populaire. Il y aurait donc trois sortes de bénédictions :

a) Les prières associées aux sacrements, demandant que la personne soit en état de recevoir les sacrements, ou demandant que la personne reçoive la force de se détourner du péché. 

b) Les bénédictions, telles que contenues dans le Rituel romain et telles que la doctrine catholique les a toujours comprises, qui peuvent être adressées à des personnes, même si elles vivent dans le péché, mais pas à "des choses, des lieux ou des circonstances qui ... contredisent la loi ou l'esprit de l'Évangile" (FS 10, citant le Rituel romain). Ainsi, par exemple, une femme qui s'est fait avorter pourrait être bénie, mais pas une clinique d'avortement. 

c) Les nouvelles bénédictions proposées par FS seraient des bénédictions pastorales, et non des bénédictions liturgiques ou rituelles. Par conséquent, elles ne seraient plus limitées aux bénédictions "rituelles" ou de type "b". Elles pourraient s'appliquer non seulement aux personnes en état de péché, comme dans les bénédictions "rituelles", mais aussi aux choses, lieux ou circonstances qui sont contraires à l'Évangile.

Ces bénédictions de type "c", ou bénédictions "pastorales", sont une nouveauté. N'étant pas liturgiques mais plutôt de "piété populaire", elles ne compromettraient pas la doctrine évangélique et n'auraient pas à être cohérentes avec les normes morales ou la doctrine catholique. Que peut-on dire de cette nouvelle catégorie de bénédiction ?

Une première observation est qu'il n'y a pas de base pour ce nouvel usage dans les textes bibliques cités par FS, ni dans aucune déclaration antérieure du Magistère. Les textes proposés par le Pape François ne fournissent pas non plus de base pour ce nouveau type de bénédiction. En effet, la bénédiction selon le Rituel romain (type "b") permet déjà à un prêtre de bénir quelqu'un qui vit dans le péché. Et ce type de bénédiction peut facilement s'appliquer à quelqu'un qui est en prison ou dans un groupe de réinsertion, comme le dit François (cité dans FS 27). La bénédiction "pastorale" innovante (type "c"), en revanche, va au-delà de ce que dit François, car on pourrait donner une telle bénédiction à une réalité qui est contraire à la loi de Dieu, comme une relation extraconjugale. En fait, selon le critère de ce type de bénédiction, on pourrait même bénir une clinique d'avortement ou un groupe mafieux.

Cela nous amène à un deuxième constat : il est hasardeux d'inventer de nouveaux termes qui vont à l'encontre de l'usage traditionnel de la langue. Une telle procédure peut donner lieu à des exercices de pouvoir arbitraires. Dans le cas présent, le fait est qu'une bénédiction a une réalité objective propre et ne peut donc pas être redéfinie à volonté en fonction d'une intention subjective contraire à la nature d'une bénédiction. C'est là que la célèbre phrase de Humpty Dumpty dans Alice au pays des merveilles me vient à l'esprit : "Lorsque j'utilise un mot, il signifie ce que je choisis de signifier, ni plus ni moins. Alice répond : "La question est de savoir si l'on peut faire en sorte que les mots signifient autant de choses différentes." Et Humpty Dumpty de répondre : "La question est de savoir lequel est le maître, c'est tout".

La troisième observation concerne le concept même de "bénédiction non liturgique" qui n'est pas destinée à sanctionner quoi que ce soit (FS 34), c'est-à-dire une bénédiction "pastorale" (type "c"). En quoi diffère-t-elle de la bénédiction envisagée par le Rituel romain (type "b") ? La différence ne réside pas dans la nature spontanée de la bénédiction, qui est déjà possible dans les bénédictions de type "b", puisqu'elles n'ont pas besoin d'être réglementées ou approuvées dans le Rituel romain. La différence ne réside pas non plus dans la piété populaire, puisque les bénédictions selon le Rituel romain sont déjà adaptées à la piété populaire, qui demande la bénédiction d'objets, de lieux et de personnes. Il semble que la bénédiction "pastorale" innovante soit créée ad hoc pour bénir des situations contraires à la loi ou à l'esprit de l'évangile.

Ceci nous amène à une quatrième observation concernant l'objet de cette bénédiction "pastorale", qui la distingue de la bénédiction "rituelle" du Rituel romain. Une bénédiction "pastorale" peut inclure des situations contraires à l'Évangile. Remarquez que ce ne sont pas seulement les personnes pécheresses qui sont bénies ici, mais qu'en bénissant le couple, c'est la relation pécheresse elle-même qui est bénie. Or, Dieu ne peut pas envoyer sa grâce sur une relation qui lui est directement opposée et qui ne peut pas être ordonnée à lui. Les relations sexuelles hors mariage, en tant que relations sexuelles, ne peuvent pas rapprocher les personnes de Dieu et ne peuvent donc pas s'ouvrir à la bénédiction de Dieu. Par conséquent, si cette bénédiction était donnée, elle aurait pour seul effet de troubler les personnes qui la reçoivent ou qui y assistent. Elles penseraient que Dieu a béni ce qu'il ne peut pas bénir. Cette bénédiction "pastorale" ne serait ni pastorale ni une bénédiction. Il est vrai que le cardinal Fernandez, dans des déclarations ultérieures à Infovaticana, a dit que ce n'est pas l'union qui est bénie, mais le couple. Cependant, c'est vider un mot de son sens, puisque ce qui définit un couple en tant que couple, c'est précisément le fait qu'il soit une union.

La difficulté de bénir une union ou un couple est particulièrement évidente dans le cas de l'homosexualité. En effet, dans la Bible, la bénédiction est liée à l'ordre que Dieu a créé et qu'il a déclaré bon. Cet ordre est fondé sur la différence sexuelle de l'homme et de la femme, appelés à être une seule chair. Bénir une réalité contraire à la création n'est pas seulement impossible, c'est un blasphème. Encore une fois, il ne s'agit pas de bénir des personnes qui "vivent dans une union qui ne peut en aucune façon être comparée au mariage" (FS, n. 30), mais de bénir l'union même qui ne peut être comparée au mariage. C'est précisément dans ce but qu'un nouveau type de bénédiction est créé (FS 7, 12).

Plusieurs arguments apparaissent dans le texte pour tenter de justifier ces bénédictions. Tout d'abord, la possibilité de conditions qui réduisent l'imputabilité du pécheur. Cependant, ces conditions se réfèrent à la personne, et non à la relation elle-même. On dit aussi que demander la bénédiction est le bien possible que ces personnes peuvent réaliser dans leurs conditions actuelles, comme si demander une bénédiction constituait déjà une ouverture à Dieu et à la conversion. Cela peut être vrai pour ceux qui demandent une bénédiction pour eux-mêmes, mais pas pour ceux qui demandent une bénédiction en tant que couple. Ces derniers, en demandant une bénédiction, cherchent implicitement ou explicitement à justifier leur relation elle-même devant Dieu, sans se rendre compte que c'est précisément leur relation qui les éloigne de Dieu. Enfin, on prétend qu'il y a des éléments positifs dans la relation et qu'ils peuvent être bénis, mais ces éléments positifs (par exemple, que l'un aide l'autre dans une maladie) sont secondaires par rapport à la relation elle-même - dont la caractéristique déterminante est le partage de l'activité sexuelle - et ces éléments ne changent pas la nature de cette relation, qui ne peut en aucun cas être orientée vers Dieu, comme l'a déjà noté le Responsum 2021 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Même dans une clinique d'avortement, il y a des éléments positifs, depuis les anesthésistes qui évitent la douleur physique, jusqu'au désir des médecins de protéger le projet de vie de la femme qui se fait avorter.

Une cinquième observation concerne l'incohérence interne de cette bénédiction "pastorale" innovante. Est-il possible de donner une bénédiction non liturgique, c'est-à-dire une bénédiction qui ne représente pas officiellement l'enseignement du Christ et de l'Église ? La clé de la réponse à cette question n'est pas de savoir si les rites sont officiellement approuvés ou plutôt spontanément improvisés. La question est de savoir si celui qui donne la bénédiction est un prêtre, un représentant du Christ et de l'Église. FS affirme qu'il n'y a pas de problème pour le prêtre de s'associer à la prière de ceux qui se trouvent dans une situation contraire à l'Evangile (FS 30), mais dans cette bénédiction, le prêtre ne s'associe pas simplement à leur prière, mais invoque plutôt la descente des dons de Dieu sur la relation elle-même. Dans la mesure où le prêtre agit en tant que prêtre, il agit au nom du Christ et de l'Église. Prétendre que l'on peut séparer le sens de cette bénédiction de l'enseignement du Christ, c'est postuler un dualisme entre ce que l'Église fait et ce qu'elle dit. Or, comme l'enseigne le Concile Vatican II, la révélation nous est donnée par des actes et des paroles, qui sont inséparables (Dei Verbum 2), et la proclamation de l'Église ne peut séparer les actes des paroles. Ce sont précisément les gens simples, que le document souhaite favoriser en promouvant la piété populaire, qui sont les plus susceptibles d'être trompés par un acte symbolique qui contredit la doctrine, puisqu'ils saisissent intuitivement le contenu doctrinal de l'acte.

À la lumière de ce qui précède, un catholique fidèle peut-il accepter l'enseignement de FS ? Étant donné l'unité des actes et des paroles dans la foi chrétienne, on ne peut accepter qu'il soit bon de bénir ces unions, même de manière pastorale, que si l'on croit que ces unions ne sont pas objectivement contraires à la loi de Dieu. Il s'ensuit que tant que le Pape François continue d'affirmer que les unions homosexuelles sont toujours contraires à la loi de Dieu, il affirme implicitement que de telles bénédictions ne peuvent être données. L'enseignement de FS est donc auto-contradictoire et nécessite donc une clarification supplémentaire. L'Église ne peut pas célébrer une chose et en enseigner une autre car, comme l'a écrit saint Ignace d'Antioche, le Christ est le Maître "qui a parlé et cela s'est fait" (Éphésiens 15:1), et on ne peut pas séparer sa chair de sa parole.

L'autre question que nous avons posée était de savoir si un prêtre pouvait accepter de bénir ces unions, dont certaines coexistent avec un mariage légitime ou dans lesquelles il n'est pas rare que les partenaires changent. Selon FS, il pourrait le faire avec une bénédiction "pastorale" non liturgique et non officielle. Cela signifierait que le prêtre devrait donner ces bénédictions sans agir au nom du Christ et de l'Église. Mais cela signifierait qu'il n'agirait pas en tant que prêtre. En fait, il devrait donner ces bénédictions non pas en tant que prêtre du Christ, mais en tant que personne qui a rejeté le Christ. En effet, par ses actes, le prêtre qui bénit ces unions les présente comme un chemin vers le Créateur. Il commet donc un acte sacrilège et blasphématoire contre le plan du Créateur et contre la mort du Christ pour nous, qui avait pour but d'accomplir le plan du Créateur. L'évêque diocésain est également concerné. En tant que pasteur de son église locale, il est tenu d'empêcher ces actes sacrilèges, faute de quoi il s'en rendrait complice et renierait le mandat que lui a donné le Christ de confirmer ses frères dans la foi.

Les prêtres doivent proclamer l'amour et la bonté de Dieu à tous les hommes et aider les pécheurs et ceux qui sont faibles et ont des difficultés à se convertir par le conseil et la prière. Cela est très différent du fait de leur indiquer, par des signes et des mots inventés par eux-mêmes mais trompeurs, que Dieu n'est pas si exigeant à l'égard du péché, cachant ainsi le fait que le péché, en pensée, en parole et en acte, nous éloigne de Dieu. Il n'y a pas de bénédiction, non seulement en public mais aussi en privé, pour des conditions de vie pécheresses qui contredisent objectivement la sainte volonté de Dieu. Et ce n'est pas une preuve d'une saine herméneutique que les courageux défenseurs de la doctrine chrétienne soient taxés de rigoristes, plus intéressés par l'accomplissement légaliste de leurs normes morales que par le salut de personnes concrètes. C'est en effet ce que Jésus dit aux gens ordinaires : "Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger". (Mt 11, 28-30). Et l'apôtre l'explique ainsi : "Et ses commandements ne sont pas pénibles, car celui qui est engendré par Dieu conquiert le monde. Et la victoire sur le monde, c'est notre foi. En effet, qui est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?" (1 Jn 5,3-5). À une époque où une fausse anthropologie sape l'institution divine du mariage entre un homme et une femme, avec la famille et ses enfants, l'Église devrait se souvenir des paroles de son Seigneur et Chef : "Entrez par la porte étroite ; car la porte est large et le chemin spacieux qui mène à la destruction, et ceux qui entrent par là sont nombreux. La porte est étroite et le chemin qui mène à la vie est resserré. Et ceux qui le trouvent sont peu nombreux" (Mt 7, 13-14).

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Commentaire laissé par Xavier le

J'espère de tout cœur que ce blog, que jusqu'ici j'appréciais grandement, retrouvera son inspiration première en revenant à une position plus juste et plus équitable envers le pape François. J'avoue être attristé par le ton - de plus en plus critique et défavorable au pape - qui caractérise depuis un certain temps les articles et certains commentaires. Restons unis, demandons la grâce de l'humilité et de la petitesse, ne cherchons pas à tout comprendre, et surtout... gardons confiance : l'Esprit Saint continue de guider l'Église, de l'assister, et de la conduire vers la vérité tout entière (Jn 16, 13).
Fraternellement,
Xavier

- "Rien ne convient moins en effet à un chrétien digne de ce nom que de pousser l'orgueilleuse confiance en sa propre intelligence, jusqu'à refuser son assentiment aux vérités dont il n'aurait pu acquérir personnellement une connaissance directe ; jusqu'à regarder l'Église, envoyée par Dieu cependant pour enseigner et régir toutes les nations, comme médiocrement informée des choses présentes et de leurs aspects actuels, ou même jusqu'à n'accorder son assentiment et son obéissance qu'aux définitions plus solennelles dont Nous avons parlé, COMME SI L'ON POUVAIT PRUDEMMENT PENSER QUE LES AUTRES DECISIONS DE L'EGLISE SONT ENTACHEES D'ERREUR ou qu'elles n'ont pas un fondement suffisant de vérité et d'honnêteté. C'est au contraire, le propre des vrais chrétiens, savants ou non, de se laisser gouverner et conduire, en tout ce qui concerne la foi et les mœurs, par la sainte Église de Dieu, par son suprême Pasteur, le Pontife romain, qui est lui-même dirigé par Notre-Seigneur Jésus-Christ." (Pie XI, Encyclique Casti Conubii, 31 décembre 1930)

- "Mais même si vous croyez que l'Évêque de Rome est dans l'erreur, cela ne vous donne pas le droit de le juger, car seul Dieu peut juger le Pape. Aucun homme mortel ne peut l'accuser de fautes. Oh, à quel point l'opinion de tant d'hommes est erronée : bien qu'ils n'autorisent pas qu'un sujet puisse avoir une quelconque parole contre leur roi, ils l'autorisent en ce qui concerne le Pape alors que Dieu lui a donné le pouvoir sur tous les hommes mortels. Ces hommes stupides sont indifférents au fait que - depuis Saint Pierre jusqu'à ce jour - on n'a jamais entendu le Saint Siège Apostolique ENSEIGNER quoi que ce soit de contraire à la foi orthodoxe. Ce privilège a été reçu du Seigneur pour qu'il ne puisse JAMAIS TOMBER DANS DE FAUX ENSEIGNEMENTS car les portes de l'enfer ne prévaudront point contre lui." (Pie XII, Discours Placuit Audisse)

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Commentaire laissé par Philippe le 08/01/2024 à 11:03

Bonjour Xavier ,

L'article ci-dessus est critique envers la Déclaration Fiducia Supplicans (FS) et envers le cardinal Fernandez (un des nombreux loups, selon moi, qui rôdent au Vatican autour du Saint Père), lequel cardinal (et non le pape) est à l'origine de cette déclaration troublante et contradictoire (contradictions au sein même de la déclaration ainsi qu'avec le Responsum de 2021), même si le Saint-Père a apposé sa signature sur la Déclaration FS.

D'ailleurs l'article ci-dessus dit bien ceci : "Il s'ensuit que tant que le Pape François continue d'affirmer que les unions homosexuelles sont toujours contraires à la loi de Dieu, il affirme implicitement que de telles bénédictions ne peuvent être données. L'enseignement de FS est donc auto-contradictoire et nécessite donc une clarification supplémentaire. L'Église ne peut pas célébrer une chose et en enseigner une autre..."

Vous voyez bien que ce n'est pas le Pape qui est l'objet des critiques (le texte dit bien que François enseigne, de façon orthodoxe, que les unions homosexuelles sont toujours contraires à la loi de Dieu) mais la Déclaration FS du cardinal Fernandez.

Par ailleurs on peut, tout en restant en communion avec le Pape, avoir un regard critique sur la pastorale ou certaines opinions (scientifiques, médicales, climatiques etc) du Saint-Père qui n'engagent pas son ministère pétrinien ni son infaillibilité qui est réservée aux enseignements ex cathedra. Vous reconnaitrez, n'est-ce pas, que le Pape n'est pas infaillible en tout, que s'il vous invite à recevoir l'injection Covid rien ne vous y contraint, même si c'est le Pape qui le dit ; que s'il vous dit de lutter contre le réchauffement climatique, rien ne vous oblige à répondre favorablement à son invitation si vous croyez que cette théorie du réchauffement climatique n'est qu'un mensonge (le Pape n'est compétent qu'en matière de foi et de morale et peut tout à fait se tromper dans d'autres domaines).

Pour reprendre votre propre extrait de l'Encyclique Casti Conubii de Pie XI :

C'est au contraire, le propre des vrais chrétiens, savants ou non, de se laisser gouverner et conduire, en tout ce qui concerne la foi et les mœurs, par la sainte Église de Dieu, par son suprême Pasteur, le Pontife romain, qui est lui-même dirigé par Notre-Seigneur Jésus-Christ."

Pie XI n'a jamais écrit "en tout ce qui concerne la foi et les mœurs, ainsi que le climat, la virologie et la science". Il n'a pas non plus écrit que le Saint Père est infaillible d'un point de vue pastoral.

Même Paul a dû un jour reprendre Pierre parce qu'il était dans l'erreur d'un point de vue pastoral. Le tout est de le faire avec respect, ce que nous avons toujours fait sur ce blog et ferons toujours. Par exemple sans juger les intentions du Saint Père, ni l'insulter, ni lui manquer de respect (en l'appelant comme le font certains par le nom de Bergoglio plutôt que de François). Vous dites que nous jugeons le pape ce qui est totalement faux.

Selon moi, les articles de ce blog sont tous équilibrés et respectueux envers le Pape. Mais par contre si vous pensez que nous devons reconnaître comme infaillible chaque parole et opinion qui sort de la bouche du pape, vous faites erreur. Attention de ne pas tomber dans la papolâtrie. Nous ne sommes pas non plus tenus d'appliquer à la lettre la pastorale de Fiducia Supplicans même si le Pape l'a signée, si celle-ci contredit la doctrine et même le Responsum de François lui-même de 2021. Comme le disait Benoit XVI, la charité doit s'exercer dans la Vérité. On ne peut bénir ce que la vérité condamne comme gravement désordonné, même si le cardinal Fernandez nous y invite.

Pour finir, je vois le pontificat actuel et la déclaration FS comme un moyen utilisé par Dieu pour faire sortir les loups (le Pape n'en fait pas partie) et pousser chacun à choisir son camp, pour ou contre le Seigneur. A chaque prêtre maintenant de voir s'il veut rester fidèle au Christ (et se contenter de bénir les personnes mais pas les unions pécheresses) ou le trahir. Le Pape François, qu'il en soit conscient ou non, joue un rôle de révélateur des intentions de chaque coeur et rien que pour cela je lui en suis reconnaissant ! Grâce à son pontificat l'ivraie peut enfin apparaître au grand jour pour, très bientôt, être arrachée et brûlée.

Union de prière,

Philippe

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Commentaire laissé par Philippe le

http://www.belgicatho.be/archive/2024/01/05/face-a-la-levee-de-boucliers-suscitee-par-fiducia-supplicans-6478759.html

L'appel à l'apostasie est évident avec le cardinal Fernandez. La méthode est essentiellement la même que dans le Japon du roman Silence de Shûsaku Endô. La cardinal nous dit qu'il ne s'agit que d'une bénédiction de 10 à 15 secondes, qu'en l'accordant, le prêtre ne contredit pas la doctrine, qu'il s'agit juste d'un acte banal de charité pastorale, alors pourquoi refuser un acte si simple et si court ?

Dans le Japon du roman de Shûsaku Endô, les chrétiens japonais devaient piétiner une image pieuse (efumi) représentant le Christ sous peine de mort. On leur disait alors qu'il leur suffisait juste de toucher l'image du bout du pieds, rien de plus, qu'ils pouvaient continuer de croire dans leur coeur, que ce simple acte ne contredirait pas leur foi. Il leur suffisait de croire ce mensonge, de poser les pieds sur l'image pieuse et ils étaient libérés, et leur apostasie était consommée.

Nombre de ces chrétiens japonais ont résisté à ce mensonge satanique au prix de leur vie. Qu'en sera-t-il de nos bergers aujourd'hui ? Il n'est pas encore question de les martyriser s'ils refusent de pratiquer ces bénédictions de couples homosexuels ou "irréguliers" mais en les accomplissant, et quoi qu'en dise le Cardinal Fernandez, ils trahissent leur foi et le Christ, même pour une bénédiction de "seulement 15 secondes". Pas grand-chose... S'ils sont incapables de résister à ce premier mensonge, jamais ils n'auront le courage de résister à la suite qui sera bien plus sanglante.

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Commentaire laissé par Xavier le

Bonjour,
La conférence des évêques du Nigéria a publié un texte qui explique de manière très claire comment il faut comprendre Fiducia Supplicans.
En union de prière.

1. Following the issuance of the Declaration on the Pastoral meaning of blessings, “Fiducia Supplicans” (pleading with courage) by the Dicastery for the Doctrine of the Fatih, we, the members of the Catholic Bishops Conference of Nigeria (CBCN), recognise our duty as Pastors to CLARIFY the content of the document, given the various nuances of interpretation that it has already been given.
2. The Declaration seeks to clarify the different forms of blessing that can be given to PERSONS and objects in the Catholic Church, including the possibility of blessing PERSONS in irregular unions. Such unions include but are not limited to divorced and remarried couples whose previous marriages had not been annulled, those living in same-sex unions, those in polygamous unions, in concubinage, etc.
3. The Declaration acknowledges and CAREFULLY DISTINGUISHES between ritual, liturgical, and INFORMAL BLESSINGS. While ritual or liturgical blessings are imparted according to the established norms of the Church, informal blessings refer to PRAYERS OVER PEOPLE who ask for them OUTSIDE THE LITURGY or any formal celebration in the Church. The Declaration offers a consideration of the possibility of extending the informal blessing to all God's children, irrespective of their moral condition, when they ask to be blessed. Nevertheless, the Declaration insists that the blessing OF PERSONS in irregular unions – and NEVER THE UNION ITSELF – can only take a non-liturgical form to avoid confusion. It should not be imparted during or in connection with a civil wedding ceremony or with clothing, words, and signs associated with a wedding.
4. The Declaration reiterates the Catholic Church's PERENNIAL TEACHING ON MARRIAGE as an “exclusive, stable and indissoluble union of a man and woman, naturally open to the generation of children” and emphatically states that the Church does not have the power to impart a blessing on irregular unions.
5. The Declaration also reinforces the truth about God's mercy. For one to willingly ask for a blessing demonstrates one's trust in God and the desire to live according to God's commandments. Asking for God's blessing is not dependent on how good one is. Imperfection is the reason for seeking God's grace. Therefore, those in irregular unions are invited never to lose hope but rather to ask for God's grace and mercy while remaining open to conversion.
6. In conclusion, the Catholic Bishops Conference of Nigeria assures the entire People of God that the teaching of the Catholic Church on marriage remains the same. There is, therefore, no possibility in the Church of blessing same-sex unions and activities. That would go against God's law, the teachings of the Church, the laws of our nation and the cultural sensibilities of our people. (...)
May the Lord bless you and keep you.

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Commentaire laissé par Xavier le

- "Le Pontife romain s'acquitte de sa mission universelle à l'aide des organismes de la Curie romaine et en particulier, pour ce qui regarde la doctrine sur la foi et sur la morale, de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il découle de là que LES DOCUMENTS DE CETTE CONGREGATION APPROUVES expressément PAR LE PAPE participent au MAGISTERE ORDINAIRE du successeur de Pierre." (J. Ratzinger, Instruction Donum Veritatis, §18)
- "... avec une soumission religieuse de la volonté et de l'intelligence, j'adhère aux doctrines qui sont énoncées, soit par le Pontife romain, soit par le Collège des évêques, lorsqu'ils exercent le MAGISTERE AUTHENTIQUE, même s'ils n'ont pas l'intention de les proclamer par un acte définitif." (J. Ratzinger, Profession de foi, 29 juin 1998, §3)
- "Cet assentiment religieux de la volonté et de l'intelligence est dû, à un titre singulier, au Souverain Pontife en son MAGISTERE AUTHENTIQUE, même lorsqu'il ne parle pas ex cathedra, ce qui implique la reconnaissance respectueuse de son suprême magistère, et l'adhésion sincère à ses affirmations, en conformité à ce qu'il manifeste de sa pensée et de sa volonté et que l'on peut déduire en particulier du caractère des documents, ou de l'insistance à proposer une certaine doctrine, ou de la manière même de s'exprimer." (Lumen Gentium n°25, §1)
- "...le théologien évitera de RECOURIR AUX MASS-MEDIA plutôt que de s'adresser à l'autorité responsable, car ce n'est pas en exerçant ainsi une pression sur l'opinion publique que l'on peut contribuer à la clarification des problèmes doctrinaux et servir la vérité." (J. Ratzinger, Instruction Donum Veritatis, §30)

Fiducia Supplicans a été signé et approuvé par le pape. FS est un document du Magistère authentique de l'Eglise. Par conséquent, s'opposer à ce document implique que l'on s'oppose au pape et au Magistère de l'Eglise. S'y opposer publiquement en utilisant les médias (comme l'ont fait et continuent à le faire certains évêques que je ne nommerai pas) est particulièrement grave, et condamné par le Magistère de l'Eglise.

Cher Philippe, chers frères et soeurs, ne nous laissons pas entraîner par les loups, restons en communion avec le pape, soyons dociles au Saint Esprit et résistons de toutes nos forces à l'esprit d'orgueil et de rébellion qui déchire le corps mystique du Christ. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.

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Commentaire laissé par Philippe le

"J'ai eu encore une vision sur la grande tribulation. Il me semblait voir qu'on exigeait du clergé une concession qu'il ne pouvait pas accorder. J'ai vu beaucoup de vieux prêtres et quelques vieux franciscains, notamment un prêtre très âgé, pleurer bien amèrement. J'en vis aussi quelques jeunes pleurer avec eux. J'en vis d'autres, parmi lesquels tous les tièdes, se prêter volontiers à ce qu'on demandait d'eux... C'était comme si l'on se divisait en deux camps, un bon et un mauvais." (Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich)

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Commentaire laissé par Philippe le

Selon le cardinal Fernández, la bénédiction des couples de même sexe "ne valide ni ne justifie rien".

http://www.belgicatho.be/archive/2023/12/23/selon-le-cardinal-fernandez-la-benediction-des-couples-de-me-6476990.html

Voici comment le cardinal Fernández conclut ses réponses:

"Mais cela ne nous empêche pas de faire un geste de paternité et de proximité, sinon nous pouvons devenir des juges qui condamnent du haut d'un piédestal - quand nous, les hommes consacrés, avons beaucoup de choses qui nous humilient en tant qu'Église, nous avons donné un grave scandale aux simples par notre comportement.

En outre, nous avons tous nos défauts personnels, nous ne sommes pas pleinement cohérents avec l'ensemble de l'Évangile, et nos jugements lapidaires ne tiennent parfois pas compte du fait que la même mesure que nous utilisons pour les autres sera utilisée avec nous. Moi qui veux aller au Ciel et être très heureux avec Dieu éternellement, j'essaie de ne pas oublier cet avertissement de Jésus-Christ.

***

Ces réponses sentent le souffre.

En gros, les prêtres et évêques en tant que pécheurs doivent se taire sur la doctrine et ne pas appeler les pécheurs à la conversion. Ils ne sont pas parfaits donc n'ont rien à dire aux pécheurs. C'est du jamais vu jamais entendu dans l'Eglise ! On dirait plus un langage séculier : tu n'es pas parfait toi-même alors viens pas me faire la morale ! Et le devoir des évêques (et plus encore du Pape) confié par le Christ, d'affermir leurs frères dans la foi, que devient-il ?

Sinon ce document n'est que pastoral, pas doctrinal. Il n'est donc nullement contraignant. Son but est surtout de voir lesquels de nos bergers resteront fidèles à la doctrine et au Christ et lesquels, au nom de la pastorale, le trahiront. Nous vivons un temps de criblage, où l'ivraie est en train d'être séparée du bon grain, les boucs des brebis.

La doctrine reste sauve et ce n'est pas celle du Pape mais du Magistère authentique et bimillénaire de l'Eglise. A ce Magistère authentique seul, tout catholique, du simple laïc jusqu'aux évêques, cardinaux et au Pape, doivent se soumettre.

Le Pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Le ministère du Pape est la garantie de l'obéissance envers le Christ et envers Sa Parole. — Pape Benoît XVI, Homélie du 7 mai 2005

Le Pape, dans ce contexte, n'est pas le seigneur suprême mais plutôt le suprême serviteur — le « serviteur des serviteurs de Dieu »; le garant de l'obéissance et de la conformité de l'Eglise à la volonté de Dieu, à l'Evangile du Christ et à la Tradition de l'Eglise, en mettant de côté tout arbitraire personnel, tout en étant — par la volonté du Christ lui-même — le « Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles » et bien que possédant « dans l'Eglise le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel. » — PAPE FRANCOIS, discours à la 15è Congrégation Générale, salle du Synode, 18 octobre 2014

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