La femme au désert


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Catégorie : La Sainte Vierge Marie

Auteur : Mark Mallett

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Comment le Seigneur va-t-il protéger Son peuple, la Barque de Son Église, à travers les eaux tempétueuses qui arrivent sur nous ? Comment — si le monde entier est soumis à un système de contrôle mondial impie — l'Église a-t-elle des chances de survivre ?

Traduction d'un article de Mark Mallett, titre original : The Woman in the Wilderness

La femme revêtue du soleil

Ce n'est pas moi, ce n'est pas une quelconque invention catholique ou médiévale — mais La Sainte Ecriture elle-même qui attribue une Dimension mariale à la « confrontation finale » avec l'Antéchrist. Cela commence par la prophétie de Genèse 3:15 selon laquelle la descendance de la « femme » écrasera la tête du serpent (accomplie dans la Bienheureuse Vierge Marie par son Fils, Jésus-Christ, et Ses disciples). Cela se conclut avec le chapitre 12 de l'Apocalypse et la « femme revêtue du soleil » et sa « descendance » (Ap 12: 17) à nouveau en confrontation avec le « dragon ». De toute évidence, Satan se retrouve dans une bataille décisive impliquant la Bienheureuse Vierge Marie et ses enfants — Notre Dame et l'Église, avec le Christ comme premier-né. [2]

... nul n'ignore que cette femme signifie la Vierge Marie, qui, sans atteinte pour son intégrité, engendra notre Chef. Et l'Apôtre de poursuivre : "Ayant un [enfant] en son sein, l'enfantement lui arrachait de grands cris et lui causait de cruelles douleurs" (Ap XII, 2). Saint Jean vit donc la très sainte Mère de Dieu au sein de l'éternelle béatitude et toutefois en travail d'un mystérieux enfantement. Quel enfantement ? Le nôtre assurément, à nous qui, retenus encore dans cet exil, avons besoin d'être engendrés au parfait amour de Dieu et à l'éternelle félicité. Quant aux douleurs de l'enfantement, elles marquent l'ardeur et l'amour avec lesquels Marie veille sur nous du haut du ciel, et travaille, par d'infatigables prières, à porter à sa plénitude le nombre des élus.

— PAPE PIE X, Ad Diem Illum Laetissimum ; vatican.va

Et pourtant, nous lisons que cette « femme revêtue du soleil » est emmenée au « désert » où Dieu prend soin d'elle pendant 1260 jours, soit trois ans et demi pendant le règne de la « bête ». Puisque Notre Dame, elle-même, est déjà au Ciel, l'identité de cette Femme dans l'Apocalypse est évidemment beaucoup plus large :

Au centre des visions que l'Apocalypse  présente, se trouvent également celles très significatives de la Femme qui accouche d'un Fils, et la vision complémentaire du Dragon désormais tombé des cieux, mais encore très puissant. Cette Femme représente Marie, la Mère du Rédempteur, mais elle représente dans le même temps toute l'Eglise, le Peuple de Dieu de tous les temps, l'Eglise qui, à toutes les époques, avec une grande douleur, donne toujours à nouveau le jour au Christ. Et elle est toujours menacée par le pouvoir du Dragon. Elle apparaît sans défense, faible. Mais alors qu'elle est menacée, persécutée par le Dragon, elle est également protégée par le réconfort de Dieu. Et à la fin, cette Femme l'emporte. Ce n'est pas le Dragon qui gagne.

— Benoît XVI, Audience générale, Castel Gondolfo, Italie, 23 août 2006 ; Vatican.va

Ceci est conforme aux enseignements des premiers Pères de l'Église, comme Hippolyte de Rome (vers 170 - vers 235), qui commentait ainsi le passage de saint Jean :

Par la femme alors revêtue du soleil, il entendait très manifestement l'Église, parée de la parole du Père, dont l'éclat surpasse celui du soleil.

— « Le Christ et l'Antéchrist », n° 61, newadvent.org

D'autres indications que la « femme » est une référence à l'Église sont, par exemple, que celle-ci est « dans l'angoisse » tandis qu'elle passe par le travail de l'enfantement. Selon les Saintes Ecritures [3] aussi bien que la Sainte Tradition [4], il est communément admis que la Bienheureuse Vierge Marie fut exempte de la malédiction d'Eve : « dans la douleur tu enfanteras des enfants ». [5]

Et tout comme Notre Dame fait à la fois partie de l'Église et est Mère de l'Église, de même, la Femme — et « l'enfant mâle » auquel elle donne naissance en Apocalypse 12: 5 — peut être considérée à la fois comme la Mère Église et comme le peuple des baptisés.

Saint Jean vit donc la très sainte Mère de Dieu au sein de l'éternelle béatitude et toutefois en travail d'un mystérieux enfantement. Quel enfantement ? Le nôtre assurément, à nous qui, retenus encore dans cet exil, avons besoin d'être engendrés au parfait amour de Dieu et à l'éternelle félicité. Quant aux douleurs de l'enfantement, elles marquent l'ardeur et l'amour avec lesquels Marie veille sur nous du haut du ciel, et travaille, par d'infatigables prières, à porter à sa plénitude le nombre des élus.

— PAPE PIE X, Ad Diem Illum Laetissimum, n° 24

Une dernière observation. L' « enfant mâle » est « destiné à gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer » (Ap 12: 5). Bien que certainement accompli dans le Christ, Jésus lui-même promet qu'à celui qui sera victorieux, Il partagera son autorité :

Au vainqueur, qui gardera mes commandements jusqu'à la fin, je donnerai autorité sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer.

Ap 2: 26-27

Ainsi, clairement, la Femme dans Apocalypse 12 représente au sens figuré à la fois Notre Dame et l'Église.

Note de Pierre et les Loups : la même chose peut être dite pour Lc 2: 34-35 : avec les mots « Ton âme sera traversée d’un glaive », Syméon fait à la fois référence à Marie face aux souffrances de son Fils il y a 2000 ans, et prophétise sur l'Eglise à la fin des temps ; le peuple des fidèles dont le coeur est traversé d'un glaive de douleur devant la façon dont le Christ est à nouveau, aujourd'hui, défiguré dans son Corps qui est l'Église par les péchés de ses membres.

Le désert

Alors furent données à la Femme les deux ailes du grand aigle pour qu’elle s’envole au désert, à la place où elle doit être nourrie pour un temps, deux temps et la moitié d’un temps [à savoir, 3 ans et demi], loin de la présence du Serpent.

Ap 12: 14

Au cours des dernières décennies, le concept de « refuges », lieux de protection surnaturelle pour le peuple de Dieu dans les derniers temps, a émergé. Dans l'Apocalypse de Saint Jean, ceux-ci seraient assimilés au « désert ». Le Docteur de l'Église, saint François de Sales parle aussi de « désert » ou de « solitudes ». Parlant de l'apostasie (révolte) et des tribulations qui l'accompagnent, il écrit :

... il faut que la révolte et la séparation viennent (cf. 2 Th 2: 3) ... et que cesse le Sacrifice (cf. Dn 12: 2) ... et qu'à grand-peine le Fils de l'homme trouve la foi sur terre (cf. Lc 18: 8) ... Tous ces passages s'entendent de l'affliction qu'apportera l'Antéchrist dans l'Église ... toutefois l'Église ne périra point, mais sera nourrie dans les solitudes et déserts, comme le dit l'Écriture (cf. Ap 12).

— Saint François de Sales, Docteur de l'Église, de La controverse catholique : une défense de la foi, Tome III (Burns et Oates, 1886), chapitre X.5

Le père de l'Église Lactance a également qualifié ces lieux de refuge apparents de « solitudes » qui seraient fournies pendant une période qui ressemble beaucoup au communisme mondial :

Il marquera comme des bêtes ceux qui s'approcheront de lui et qui croiront en lui, et ceux qui refuseront de recevoir sa marque, s'enfuiront sur les montagnes; ou s'ils se laissent prendre, ils souffriront des tourments exquis, et mourront par de cruels genres de mort... Tous les droits seront violés, et la terre sera comme exposée à un brigandage général [6] et abandonnée au pillage. C'est alors que les justes et les disciples de la vérité se sépareront des méchants et s'enfuiront dans les solitudes.

— Lactance, Les Instituts divins, Livre VII, Ch. 17

Alors que la Femme de l'Apocalypse est en effet victorieuse à la fin, il est également clair que la « bête » est autorisée à opprimer l'Église dans une large mesure en tant qu'instrument de sa propre passion, de sa mort et, finalement, de sa résurrection. [7]

Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre.

Ap 13: 7

Cependant, il y a deux choses qui limitent l'étendue de la persécution de l'Antéchrist. Tout d'abord, comme nous l'avons déjà dit, c'est que Dieu protègera un petit reste « dans le désert », loin de cette Tempête satanique. D'un point de vue purement rationnel, la préservation physique de l'Église est certaine : « les puissances de la mort ne prévaudront pas contre elle », dit Jésus [8], « et son règne n’aura pas de fin. » [9]

L'Église « est le Règne du Christ déjà mystérieusement présent. »

— Catéchisme de l'Eglise catholique, n° 763

Si l'Église devait être éradiquée, la promesse du Christ serait vaine et Satan triompherait. Donc,

Il est nécessaire qu'un petit troupeau subsiste, aussi petit soit-il.

— PAPE PAUL VI, The Secret Paul VI, Jean Guitton, p. 152-153, Référence (7), p. 10

Enfin, le Christ préservera Son Église en limitant simplement le pouvoir de l'Antéchrist :

Même les démons sont surveillés par les bons anges au risque qu'ils ne provoquent autant de dommages qu'ils le voudraient. D'une manière semblable, l'Antichrist ne causera pas autant de dommages qu'il le souhaiterait.

— Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologica, partie I, Q.113, art. 4

Refuge physique et spirituel

L'aspect le plus crucial de la Divine Providence n'est pas la préservation physique mais spirituelle de l'Épouse du Christ. J'en ai longuement parlé dans Le temps des refuges. Comme l'a dit Notre Seigneur lui-même :

Quiconque cherche à préserver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra la sauvera.

Luc 17: 33

Ainsi, les chrétiens sont appelés à briller dans les ténèbres, même au prix de leur vie — pas à éteindre la Lumière du Christ sous le boisseau par instinct survivaliste. [10] Et pourtant, fait remarquer le Pr. Peter Bannister, la protection spirituelle et physique de l'Église ne sont pas incompatibles.

... il existe de nombreux précédents bibliques pour indiquer une dimension physique au concept de refuge. [11] Il faut bien entendu souligner que la préparation physique n'a, bien sûr, que peu ou pas de valeur si elle ne s'accompagne pas d'un acte de confiance radicale et continue en la Divine Providence ; mais cela n'implique nullement que les avertissements prophétiques du Ciel ne puissent pas aussi insister sur l'action pratique dans le domaine matériel. On pourrait soutenir que voir cela comme intrinsèquement « non spirituel » revient à établir une fausse dichotomie entre le spirituel et le matériel qui, à certains égards, est plus proche du gnosticisme que de la foi incarnée de la tradition chrétienne. Ou, pour le dire plus simplement, oublier que nous sommes des êtres humains de chair et de sang plutôt que des anges !

— cf. Existe-t-il des refuges physiques?

Dans la tradition mystique catholique, l'idée selon laquelle les élus seront protégés dans un lieu de refuge pendant une période à la fois de persécution et de châtiment divin peut, par exemple, être vue dans les visions de la bienheureuse Elisabetta Canori Mora dont le journal spirituel a été récemment publié par la propre maison d'édition du Vatican, Libreria Editrice Vaticana.

A ce moment, j'ai vu apparaître quatre arbres verts, couverts de fleurs et de fruits très précieux. Les arbres mystérieux étaient en forme de croix ; ils étaient entourés d'une lumière très resplendissante, qui [...] alla ouvrir toutes grandes les portes des monastères de moniales et de religieux. Par un sentiment intérieur j'ai compris que le saint apôtre [Pierre] avait établi ces quatre arbres mystérieux afin de donner un lieu de refuge au petit troupeau de Jésus-Christ, pour délivrer les bons chrétiens du châtiment terrible qui mettra le monde entier sens dessus dessous.

— Bienheureuse Elisabetta Canori Mora (1774-1825)

« Bien que le langage ici soit évidemment allégorique », note Bannister, « nous pouvons aussi pointer du doigt certains mystiques pour qui cette notion de protection divine prend une dimension géographique concrète. » [12] Prenez Marie-Julie Jahenny (1850-1941) à qui il fut révélé à l'époque que toute la Bretagne serait protégée.

Je suis venue sur cette terre de Bretagne parce que j’y trouve des coeurs généreux. [...] Mon refuge sera aussi celui de mes enfants que j’aime et qui, tous, n’habitent pas cette terre. Cela sera un refuge de paix au milieu des fléaux, un abri très fort et très puissant que rien ne pourra détruire. Les oiseaux qui fuiront la tempête se réfugieront en Bretagne. La terre de Bretagne est en mon pouvoir.  Mon fils m'a dit : « Ma Mère, je vous donne tout pouvoir sur cette Bretagne. » Ce refuge m’appartient et, aussi, à ma bonne mère Sainte Anne.

— Notre-Dame à Marie-Julie Jahenny, 25 mars 1878 ; (un important lieu de pèlerinage français, Sainte-Anne d'Auray, se trouve en Bretagne) ; marie-julie-jahenny.fr

Ensuite, il y a la voyante américaine, Jennifer, qui a été encouragée à diffuser ses messages par le biais de personnalités éminentes au sein du Vatican après la traduction et la présentation ultérieures de ses locutions au Pape Jean-Paul II par l'intermédiaire du défunt Père Seraphim Michalenko (vice-postulateur pour la cause de béatification de Sainte Faustine). Ses messages parlent à la fois des aspects physiques et spirituels de ces « refuges » :

Mon enfant, sois prêt ! Sois prêt ! Sois prêt ! Prête attention à mes paroles, car alors que le temps commence à se rapprocher, les attaques qui seront déclenchées par Satan atteindront des proportions sans précédent. Les maladies apparaîtront et culmineront, Mon peuple, et vos maisons seront un havre de paix jusqu'à ce que Mes anges vous guident vers votre lieu de refuge. Les jours des villes noircies arrivent. Toi, mon enfant, tu as reçu une grande mission... car les wagons vont sortir : Tempête après tempête, la guerre éclatera, et beaucoup se tiendront devant Moi. Ce monde sera mis à genoux en un clin d'œil. Maintenant, va, car Je suis Jésus, et sois en paix, car tout se fera selon Ma volonté.

— 23 février 2007

Mon enfant, Je demande à Mes enfants, où est votre refuge ? Votre refuge est-il dans les plaisirs mondains ou dans Mon Très Sacré-Cœur ?

— 1er janvier 2011 ; voir Jennifer - Sur les refuges

Faisant écho aux révélations de Fatima, Notre Dame a parlé de la « Grande Tempête » [13] à travers laquelle une protection à la fois physique et spirituelle sera nécessaire :

En ces temps, vous avez besoin de vous mettre tous à l'abri, d'accourir dans le refuge de mon Coeur Immaculé, parce que de graves maux pèsent sur vous. Ce sont, avant tout, des maux d'ordre spirituel qui peuvent nuire à la vie surnaturelle de vos âmes... Il y a des maux d'ordre physique, comme des infirmités, des malheurs, des accidents, des sécheresses, des tremblements de terre, des maladies incurables qui se propagent... Dans ce qui arrive dans l'ordre naturel, voyez-y aussi pour vous un signe d'avertissement. Vous devez y voir un signe de la Justice divine, qui ne peut laisser impunis les innombrables délits qui se commettent chaque  jour. Il y a des maux d'ordre social, comme la division et la haine, la famine et la pauvreté, ... le terrorisme et la guerre... Pour être protégés de tous ces maux, je vous invite à vous mettre à l'abri dans le sûr refuge de mon Cœur Immaculé.

— Notre Dame au Père Stefano Gobbi, 7 juin 1986, n° 326 du Livre bleu, Imprimatur

Ceci est affirmé dans les messages à Luz de María de Bonilla, qui jouit de l'approbation ecclésiastique : [14]

Restez dans le refuge des Sacrés Cœurs de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ et de Notre Reine et Mère. Plus tard, vous serez guidés par mes légions vers les abris préparés pour votre protection. Les maisons véritablement dédiées aux Sacrés Cœurs sont déjà des refuges. Vous ne serez jamais abandonnés par la main de Dieu.

— Saint Michel Archange, 22 février 2021

Autres messages qui confirment ce consensus prophétique :

Préparez des refuges sûrs, préparez vos maisons comme de petites églises et je serai là avec vous. Une révolte est proche, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église. 

— Notre Dame à Gisella Cardia, 19 mai 2020

Un changement de vie est nécessaire pour que vous soyez dirigés par Mes anges vers les refuges physiques qui se trouvent sur toute la Terre, où vous devrez vivre en totale fraternité. 

— Jésus à Luz de María de Bonilla, 15 septembre 2022

Ayez confiance en Moi et en Ma volonté pour vous, car de nombreux endroits sont en train d'être préparés dans le monde entier pour que Mes fidèles puissent s'y réfugier. Mes anges entoureront cet endroit d'une grande protection, mais il est important qu'ils soient bénis et consacrés à Mon Très Sacré Coeur.

— Jésus à Jennifer, 15 juin 2004

Les deux arches

Ce ne sont pas des temps normaux. Ils sont, selon Notre Dame et le consensus des papes, [15] les « derniers temps », mais pas la fin du monde. Autrement dit, nous vivons « comme au temps de Noé ». [16] Aussi, Dieu a essentiellement prévu une « Arche » pour Son Peuple qui est multidimensionnelle : la Femme-Marie et la Femme-Église. Comme l'a dit le bienheureux Isaac de Stella (Isaac de l'Étoile) :

Lorsqu'on parle de l'une ou de l'autre [Marie ou l'Église], ce qu'on en dit s'applique indistinctement à l'une comme à l'autre.

— Bienheureux Isaac de l'Étoile, Liturgie des heures, vol. I, pg. 252

Comme vous venez de le lire, le Cœur de Notre Dame a été donné à ses enfants spirituels pour les éduquer, les protéger et les guider vers Jésus.

Mon Cœur Immaculé sera votre refuge et le chemin qui vous mènera à Dieu.

— Notre Dame de Fatima, 13 juin 1917

Ma Mère est l'Arche de Noé...

La Flamme d'Amour, p. 109 ; Imprimatur de l'archevêque Charles Chaput

L'Arche, c'est aussi l'Église catholique qui, malgré les péchés de ses membres, demeure une arche surnaturelle par laquelle le Peuple de Dieu est maintenu dans la Vérité et la grâce jusqu'à la fin des temps.

[L'Église] est "le monde réconcilié". Elle est ce navire qui "navigue [en toute sécurité] en ce monde au souffle du Saint-Esprit sous la pleine voile de la Croix du Seigneur" ; selon une autre image chère aux Pères de l'Église, elle est figurée par l'Arche de Noé qui seule sauve du déluge.

Catéchisme de l'Église catholique, n° 845

L'Église est ton espérance, l'Église est ton salut, l'Église est ton refuge.

— St Jean Chrysostome, Hom. "De capto Eutropio", n° 6 ; cf. E Supremi, n° 9, vatican.va

Lire : Les Prêtres et le Triomphe du Coeur Immaculé de Marie

Ainsi, comme je l'ai fait remarquer récemment, l'antidote par excellence contre l'Antéchrist consiste à :

Tenir bon, et garder ferme les traditions qui vous ont été enseignées, soit de vive voix, soit par lettre.

cf. 2 Th 2: 13, 15

C'est-à-dire demeurer dans la Barque de Saint Pierre, tout en restant attachés à la Sainte Tradition et au dépôt de la foi — même et surtout si la Tempête fait rage.

Enfin, consacrez-vous à Notre Dame et à son Cœur Immaculé. Car...

... depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de « Mère de Dieu » ; et les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous les dangers et leurs besoins.

Lumen gentium, n° 66, Vatican II

Le mot consacrer signifie « mettre à part » ou « rendre sacré ». En d'autres termes, se consacrer à Marie, c'est être mis à part, à l'écart du monde, et la laisser prendre soin de vous comme elle a pris soin de Jésus. Même Martin Luther avait bien saisi cela :

Marie est la Mère de Jésus et notre Mère à tous, même si c'est le Christ seul qui a reposé sur ses genoux... S'il est nôtre, il nous faut nous placer dans sa situation ; là où il est, il nous faut aussi y être, et tout ce qu'il possède doit être nôtre. Ainsi, sa mère est aussi notre mère.

— Martin Luther, Sermon de Noël, 1529

Nous nous consacrons à Marie à l'imitation de saint Jean :

Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Jean 19: 26-27

Vous pouvez « la prendre sous votre toit » comme l'a fait saint Jean simplement en priant :

Je vous choisis, aujourd'hui ô Marie,
en présence de toute la cour céleste,
pour ma Mère et ma Reine.
Je vous livre et consacre,
en toute soumission et amour,
mon corps et mon âme,
mes biens intérieurs et extérieurs,
et la valeur même de mes bonnes actions
passées, présentes et futures,
vous laissant un entier et plein droit
de disposer de moi,
et de tout ce qui m'appartient,
sans exception,
selon votre bon plaisir,
à la plus grande Gloire de Dieu,
dans le temps et l'éternité.

Ainsi soit-il. [17]

Le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque
et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ :
il en manifeste au contraire la vertu.

— Catéchisme de l'Église catholique, n° 970 ; lire Marie est-elle médiatrice ?

Frères et sœurs, que vous ou moi vivions au-delà de cette nuit, que nous mourions de causes naturelles demain, que nous soyons martyrisés l'année prochaine, ou que nous soyons préservés pour « l'ère de paix », nous l'ignorons. Ce qui est certain, c'est que, pour ceux qui sont fidèles au Christ, Il les préservera de la mort éternelle. Comme nous le promet le grand Psaume du "refuge" :

« Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.
Je veux le libérer, le glorifier ;
de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu'il voie mon salut. »

— Psaume 90 (91)

Alors, fixez vos yeux sur le Ciel ; fixez vos yeux sur Jésus et confiez-lui vos soucis temporels. Il nous procurera notre « pain quotidien », quelle que soit la forme que celui-ci peut prendre, pour notre plus grand bien. Et ainsi...

... si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur.

Rom 14: 8

Vous êtes aimé(e).

Mark Mallett
The Woman in the Wilderness


[1] Certaines versions et documents faisant autorité se lisent ainsi : « elle écrasera » sa tête. Mais comme le souligne saint Jean-Paul II, « ... cette version [latine] n'est pas en accord avec le texte hébreu, dans lequel ce n'est pas la femme mais sa descendance qui écrasera la tête du serpent. Ce texte n'attribue donc pas la victoire sur Satan à Marie mais à son Fils. Néanmoins, puisque le concept biblique établit une profonde solidarité entre le parent et la progéniture, la représentation de l'Immaculée écrasant le serpent, non par sa propre puissance mais par la grâce de son Fils, est cohérente avec le sens originel du passage. » (« L’inimitié de Marie envers Satan était absolue » ; General Audience, 29 mai 1996 ; ewtn.com)

[2] cf. Col 1: 15

[3] « Avant d’être en travail, [elle] a enfanté ; avant que lui viennent les douleurs, elle a accouché d’un garçon. Qui a jamais entendu rien de tel ? Qui a jamais vu chose pareille ? » (Isaïe 66: 22)

[4] « D'Ève, nous sommes nés enfants de la colère ; de Marie, nous avons reçu Jésus-Christ et, par lui, nous sommes régénérés comme enfants de la grâce. Il a été dit à Ève : "C'est dans la douleur que tu engendreras des enfants : C'est dans la douleur que tu enfanteras. Marie a été exemptée de cette loi, car en conservant inviolée son intégrité virginale, elle a mis au monde Jésus, le Fils de Dieu, sans éprouver, comme nous l'avons déjà dit, aucune sensation de douleur. » (Concile de Trente, Article III)

[5] Gn 3: 16

[6] cf. La prophétie d'Isaïe sur le communisme mondial

[7] cf. La résurrection de l'Église

[8] cf. Mt 16: 18

[9] Lc 1: 33

[10] cf. The Hour to Shine

[11] cf. Le temps des refuges

[12] cf. On Refuges – Part II

[13] cf. Livre bleu, n° 154

[14] lire Pourquoi Luz de Maria de Bonilla ?

[15] cf. Why Aren’t the Popes Shouting?

[16] cf. Mt 24: 34

[17] La meilleure et la plus parfaite consécration à la Très Sainte Vierge, composée par saint L. M. Grignion de Montfort. Saint Maximilien Kolbe, lui aussi, a enseigné la consécration à la Très Sainte Vierge et en a écrit une que vous pouvez trouver ici.

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Commentaire laissé par Rébécca le

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