Le cardinal Hollerich et le synode qui devait inévitablement advenir


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Catégorie : Vie de l'Eglise

Auteur : Belgicatho

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Le rapporteur général du synode mondial sur la synodalité, le cardinal Jean Claude Hollerich, a soutenu cette semaine les progrès progressifs et « avec tact » vers l'ordination des femmes à la prêtrise.

D'Ed. Condon sur The Pillar, source de la traduction française : Belgicatho

Image : La trahison de Juda, auteur inconnu

(Je ne fais pas mienne la conclusion de l'auteur de cet article mais le partage pour pouvoir y rébondir avec une réflexion personnelle, que vous pouvez lire tout à la fin. — Pierre et les Loups)

Le cardinal, qui est également archevêque de Luxembourg, a été nommé par le pape François pour superviser la collecte et la synthèse des discussions et des réponses au cours du processus synodal pluriannuel, qui doit se réunir à nouveau à Rome en octobre.

L'appel de Mgr Hollerich à une discussion « patiente » sur l'ordination sacramentelle des femmes va à l'encontre de l'affirmation de François selon laquelle de telles ordinations sont impossibles et que le synode ne devrait pas être considéré comme un lieu de débat sur les changements doctrinaux.

Mais si Hollerich est autorisé à poursuivre son rôle sans être corrigé, beaucoup pourraient remettre en question l'intégrité de l'ensemble du processus synodal - et même la sincérité du pape quant à ses intentions à cet égard.

S'adressant au portail officiel de la conférence épiscopale suisse le 17 mai, le cardinal luxembourgeois a déclaré que la campagne pour l'ordination sacramentelle des femmes devait faire preuve de « tact et de patience » s'ils voulaient voir de « vraies solutions ».

« Si vous attaquez trop, vous n'obtiendrez pas grand-chose », a averti l'homme chargé de rassembler et de synthétiser les conclusions du processus synodal. « Il faut être prudent, faire un pas après l'autre, et alors on pourra peut-être aller très loin ».

Selon le portail des évêques suisses, l'enseignement sur l'ordination sacramentelle réservée aux seuls hommes « n'est pas une doctrine infaillible », et le cardinal a semblé être d'accord, déclarant : « Cela peut être changé. Il faut des arguments et du temps. »

L'argument principal de Mgr Hollerich était, en résumé, que l'Eglise dans son ensemble n'était pas prête à accepter les femmes prêtres pour le moment, et qu'il fallait s'engager dans une argumentation à long terme en faveur du changement, et qu'en essayant d'en faire trop, trop tôt, on risquait de galvaniser l'opposition. « Nous devons faire très attention à ne pas provoquer un énorme retour de bâton », a-t-il déclaré.

Pour ceux qui ont travaillé pour qu'un processus synodal authentique produise des fruits spirituels réels — et qui se sont efforcés de combattre les dénonciations cyniques et souvent stridentes du synode comme cheval de Troie doctrinal — les commentaires de Mgr Hollerich seront probablement comme un seau d'eau froide.

Contrairement à ce qu'affirme Mgr Hollerich, l'enseignement de l'Église sur l'impossibilité sacramentelle de l'ordination des femmes ne peut être modifié. Il a été défini par les papes successifs, y compris François — plus d'une fois — comme étant au-delà de l'autorité de l'Église.

Et, contrairement à l'appel de Mgr Hollerich en faveur d'un plus grand engagement synodal sur le sujet, en vue de gains à long terme, le pape François a déclaré à plusieurs reprises que le synode n'était pas destiné à débattre de la doctrine.

Malgré l'enseignement de l'Église, l'affirmation des papes (au pluriel) sur l'immuabilité de cet enseignement et l'insistance du pape (au singulier) sur le fait que ce genre de choses n'a pas sa place dans le synode convoqué sous son autorité, le cardinal Hollerich a déclaré aujourd'hui qu'il était important de continuer malgré tout — bien que de manière synodale afin de ne pas provoquer « une tempête sur d'autres continents ».

Que doivent donc penser les catholiques du rejet par le cardinal Hollerich de l'enseignement de l'Église et de l'autorité papale, et de son encouragement aux autres à faire de même (mais avec « patience et tact » pour ne pas contrarier les Africains, bien sûr) ?

Il est très probable que de nombreux catholiques, y compris des évêques — dont des délégués synodaux — seront indignés. Peut-être à juste titre.

Comment, se demanderont-ils probablement, un cardinal ou l'Église peuvent-ils rejeter un enseignement de l'Église « considéré comme définitif par tous les fidèles de l'Église » et rester en poste en tant qu'évêque diocésain ?

Et comment le rapporteur général du synode peut-il encourager ouvertement l'orientation du synode vers la mise en œuvre d'un moyen et d'une fin que le pape a déclarés contraires à ses souhaits ?

Il se peut qu'il n'y ait pas de réponse facile à l'une ou l'autre de ces questions. 

Le pape François s'est montré plus disposé que tout autre pape depuis des décennies, voire des siècles, à déposer des évêques de sa propre autorité lorsqu'il juge que leur ministère est devenu inefficace ou qu'il a provoqué un scandale. L'inaction papale continue sur les remarques de Hollerich invitera maintenant à la conclusion que François n'a tout simplement pas conclu que Hollerich est soit inefficace, soit scandaleux.

Il en résultera que ceux qui, dans l'Église, ne peuvent accepter qu'il puisse jamais faire ce qu'il « n'a aucune autorité pour faire » verront le synode comme ce que Hollerich croit clairement qu'il est et ce que le pape François a insisté sur le fait qu'il n'est pas : un parlement pour voter et abroger la doctrine.

Tant que Hollerich restera en poste, beaucoup de ces mêmes catholiques auront du mal à croire qui que ce soit, même et peut-être surtout le pape François, lorsqu'ils diront que ce n'est pas ce que le synode est, ou qu'il est censé réaliser.

Et comme toutes les parties savent maintenant clairement comment le rapporteur général voit le synode, on peut raisonnablement s'attendre à ce que les délégués se comportent en conséquence lorsque l'assemblée synodale se réunira à nouveau en octobre. 

La discussion sera probablement amère. Elle sera probablement source de division. Elle risque de semer la confusion dans l'Église et de nuire au bien des âmes.

Ce ne sera pas le synode que le pape François a déclaré vouloir, mais étant donné qu'il a confié le processus à un cardinal qui croit que l'Église peut, doit et finira par tenter l'impossible sacramentellement, c'est probablement aussi le synode qu'il devait inévitablement obtenir.

* * *

L'avis de Pierre et les Loups

S'il devait y avoir ordination de femmes il est certain que cela se fera au sein de la fausse Eglise et non de celle du Christ.

Selon moi il est de plus en plus clair que ce synode a pour but (non pas dans l'esprit de François mais des loups et Judas au Vatican, qui cherchent à servir et plaire au monde plus qu'au Christ) de faire émerger (très prochainement) cette fausse Eglise à la tête de laquelle sera élu un faux pape.

Une grande époque de tribulations et d'affliction dans laquelle de grands périls et des embarras temporels et spirituels pleuvront, la charité d'un grand nombre se refroidira et l'iniquité des méchants surabondera. Le pouvoir des démons sera plus grand que d'ordinaire, la pureté immaculée de notre congrégation religieuse et des autres sera flétrie, au point que très peu parmi les chrétiens voudront obéir au vrai Souverain Pontife et à l'Eglise Romaine avec un coeur sincère et une charité parfaite. Au moment décisif de cette crise, un personnage non canoniquement élu, élevé à la Papauté, s'efforcera avec adresse de communiquer à beaucoup le poison mortel de son erreur.

Lire la Prophétie de St Francois d'Assise au sujet du « pape exterminateur »

La véritable Eglise du Christ sera quant à elle éclipsée — elle descendra au tombeau (ce qui impliquera une persécution des catholiques qui refuseront la nouvelle doctrine et la nouvelle liturgie de cette fausse Eglise). Malheureusement, à cause de la tiédeur croissante, une grande partie du monde catholique ne verra pas cette transition et beaucoup entreront joyeusement, sans le savoir, dans cette fausse Eglise.

Si nous sommes tentés de conclure trop rapidement que Français est de connivence avec ces cardinaux progressistes, réfléchissons sur le choix de Juda parmi les Douze. « Va et ce que tu as à faire, fais le vite » lui disait Jésus avant d'entrer dans Sa Passion.

L'Eglise vivra, et vit déjà, sa Passion, à la suite de son Seigneur, ce que beaucoup de catholiques ne réalisent pas ou ne veulent tout simplement pas croire. Mais je pense que François l'a très bien compris. C'est peut-être la raison pour laquelle il partageait, en 2014, son sentiment que son pontificat serait bref (ce qu'il ne fut pas — après tout, le Seigneur est libre de prolonger le temps de Sa Miséricorde —, mais c'est ce sentiment qui importe) :

En 2014, dans l’avion qui le ramenait de Corée du Sud, le pape François évoquait un pontificat court : « Deux ou trois ans, et puis… à la maison du Père », lançait-il aux journalistes. « Mon pontificat sera bref, répétait-il en 2015 à la télévision mexicaine. 4 ou 5 années, je ne sais pas, même 2 ou 3. Je sens que le Seigneur m’a placé ici pour un temps court, rien de plus. »

La Croix, 12/03/2019

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle il consacra son pontificat à Notre Dame de Fatima. François a assurément le sentiment d'un grand danger pour l'Eglise à notre époque, en lien avec les messages de Fatima.

Lire : Les catholiques fidèles doivent être prêts à souffrir la "Passion de l'Église"

Tout cela doit inévitablement advenir, et le Pape n'est pas à blâmer tout comme Jésus ne l'était pas davantage en choisissant un traître (et pourtant Jésus plus que François aujourd'hui savait que Juda le trahirait mais il l'a laissé agir jusqu'au bout).

Ce que nous devons comprendre c'est que sans ce rôle que Juda a, librement, exercé, Jésus ne serait pas entré dans Sa Passion, Il n'aurait pas été crucifié et ne serait pas réssuscité. Si nous voulons que l'Eglise ressuscite, nous devons accepter qu'elle passe par cette même Passion, sans délai, ce qui implique nécessairement que Jésus, à travers le Pape, s'entoure de nouveaux Judas et les laisse agir librement, jusqu'à la trahison ultime.

Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »

Marc 4: 21

La somnolence... des apôtres [est aussi la nôtre], nous qui ne voyons pas, qui ne voulons pas voir toute la force du mal, et qui ne voulons pas entrer dans Sa Passion.

— PAPE BENOÎT XVI, Audience général, 20 avril 2011 ; Vatican.va

Essayons de voir les choses de façon plus spirituelle, en utilisant le calque de la Passion du Christ pour comprendre ce que vit l'Eglise de nos jours. Tout s'éclaire alors ! Marchons avec François sur ce chemin douloureux qui mènera inévitablement à la Croix telle que vue dans la vision du 3ème secret de Fatima. Car il faut s'attendre à ce que la fausse Eglise s'allie le gouvernement mondial communiste et même l'armée (celle de l'OMS probablement, cf. Traîté sur les pandémies en cours de négotiations) pour persécuter le petit reste fidèle (et le vrai Pape, François, à leur tête), tout comme Juda s'est allié l'armée romaine en leur livrant Jésus afin qu'il soit mis à mort.

Ceux qui dans la ferveur de l'esprit s'attacheront à la piété avec charité et le zèle de la vérité, recevront des persécutions et des injures comme désobéissants et schismatiques. Car leurs persécuteurs, aiguillonnés par les esprits mauvais diront que c'est faire un grand hommage à Dieu de tuer et de faire disparaître de la terre des hommes si mauvais. Alors le Seigneur sera le refuge des affligés et il les sauvera parce qu'ils auront espéré en Lui.

Prophétie de St Francois d'Assise

À ce titre, nous allons vivre ce que j'ai appelé « le Samedi saint de l'Église ». Comme le Christ, qui pour ses contamporains était désormais mort et enseveli, il en sera de même pour son corps, l'Église. En ce « Samedi saint », seuls ceux qui voient avec la lumière de la foi et qui ont un coeur brûlant d'amour tiendront jusqu'à la fin. Les affirmations du Christ et de Son Église pourront sembler absurdes. La dialectique et l'argumentation ne convaincront personne qui ne soit prêt à subir toutes les pertes. La seule façon de se tenir aux côtés du Christ sera d'endurer patiemment et de souffrir, de subir les moqueries et la dérision non seulement du monde, mais aussi de beaucoup de ceux qui se disent « chrétiens » et qui ont depuis longtemps abandonné la foi et rompu toute communion avec l'Eglise catholique.

— Joshua Charles, ancien protestant converti au catholicisme, ancien rédacteur de discours à la Maison Blanche, historien et pianiste classique, diplômé en musique, en administration et en droit ; LifeSiteNews lire Les catholiques fidèles doivent être prêts à souffrir la "Passion de l'Église"

Mais ensuite viendra la résurrection et le renouveau de l'Eglise !

Il est important [...] de voir cet enseignement de Jésus [Lc 12: 32-48] dans le contexte concret, existentiel dans lequel Il nous l’a transmis. Dans ce cas, l’évangéliste Luc nous montre Jésus en train de marcher avec ses disciples vers Jérusalem, vers sa Pâque de mort et de résurrection, et sur ce chemin, il les éduque en leur confiant ce que lui-même porte dans son cœur, les attitudes profondes de son âme. Parmi ces attitudes, il y a le détachement des biens terrestres, la confiance dans la providence du Père et, justement, la vigilance intérieure, l’attente active du Royaume de Dieu. Pour Jésus, c’est l’attente du retour à la maison du Père. Pour nous, c’est l’attente du Christ lui-même, qui viendra nous prendre et nous conduire à la fête sans fin, comme il l’a déjà fait avec sa Mère, la Très Sainte Vierge Marie : il l’a emmenée au Ciel avec lui.

— Pape François, ANGÉLUS, Place Saint-Pierre, Dimanche 11 août 2013 ; Vatican.va

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Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par Philippe le

Je pense que l'Eglise est aujourd'hui tellement gangrénée par la tiédeur, la compromission, l'infidélité et l'apostasie que le Pape, et Jésus à travers lui, n'a pas d'autre solution que de laisser le mal aller jusqu'au bout de sa logique, et les loups accomplir leur oeuvre de (tentative de) destruction jusqu'au bout. Pourquoi les écarter, les destituer de leurs postes, si ce qui doit advenir est inévitable ? Autant laisser ces Judas agir vite pour qu'ainsi la Passion de l'Eglise soit la plus brève possible. C'est bien la raison pour laquelle Jésus a dit ces paroles à Juda : "Ce que tu as à faire, fais le vite" ... pour que Sa souffrance, inévitable, et cette attente insupportable d'entrer dans Sa Passion, soient abrégées, et qu'enfin tout puisse être accompli. François croit fermement que le Seigneur sauvera son Eglise à la fin, comme Il l'a promis à Saint Pierre. Croyons-le nous aussi !

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