Derrière la phrase du Pape sur les homosexuels, un montage trompeur


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Catégorie : Église et papauté

Auteur : Aleteia, Belgicatho

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La phrase du Pape François à propos des homosexuels qui a fait polémique s'insère en réalité dans un montage tiré d'une interview de 2019, qui a produit une certaine confusion dans la compréhension de la pensée du Pape François sur le sujet.

Photo : L'entretien du Pape François avec la journaliste Valentina Alazraki, en mai 2019.

Dernière mise à jour le 24 octobre 2020 : Familles homosexuelles. Ce que le Pape a dit et ce que lui a fait dire Afineevsky

La phrase polémique du Pape François à propos des homosexuels : « Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit d'être légalement couverts », qui apparaît dans le documentaire Francesco d'Evgeny Afineevsky, paru le 21 octobre 2020, s'insère dans un montage tiré d'une interview de 2019. Quatre extraits, dont un qui avait été coupé, ont été assemblés ensemble, produisant une certaine confusion dans la compréhension précise de la pensée du Pape François sur le sujet.

En mai 2019, paraissait une longue interview du souverain pontife – près d'une heure vingt – mené par la vaticaniste mexicaine Valentina Alazraki, dans lequel de très nombreuses questions de société sont abordées, notamment celle de l'homosexualité. Différents extraits ont été repris dans le documentaire Francesco et combinés ensemble pour donner cette déclaration :

« Les homosexuels ont le droit [de faire partie de] la famille, ils sont les enfants de Dieu, ils ont le droit à une famille. On ne peut pas expulser quelqu'un d'une famille ou lui rendre la vie impossible à cause de cela. Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit d'être légalement couverts. J'ai défendu cela ».

Dans la version originelle, le Pape François initie la question en déclarant avoir été furieux par le traitement qu'avait fait un journaliste de sa fameuse réponse « Si une personne est gay et cherche le Seigneur, fait preuve de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », phrase prononcée lors du vol retour des JMJ de Rio de Janeiro, le 28 juillet 2013. Le pontife affirmait s'exprimer « sur l'intégration familiale des personnes d'orientation homosexuelle ». Il affirme avoir voulu dire : « Les personnes homosexuelles ont le droit d'être dans [leur] famille, les personnes d'orientation homosexuelle ont le droit d'être dans [leur] famille », premier extrait repris dans le documentaire Francesco.

Un montage qui occulte le propos originel

Cependant la phrase entière est coupée, et dans son intégralité donne ceci dans l'entretien original :

« Les personnes homosexuelles ont le droit d'être dans [leur] famille, les personnes ayant une orientation homosexuelle ont le droit d'être dans [leur] famille, et les parents ont le droit de reconnaître ce fils comme homosexuel, cette fille comme homosexuelle. On ne peut pas expulser quelqu'un de la famille ou lui rendre la vie impossible… ».

Le thème de la discussion, qui portait sur la place de l'enfant homosexuel dans une famille hétérosexuelle, est en quelque sorte occulté dans le documentaire Francesco.

Entre ces deux premiers « morceaux », est insérée au montage la phrase « ils sont les enfants de Dieu ». Elle a bien été prononcée par le primat d'Italie lors du même entretien, mais plus tard. Il se plaint alors qu'un journal ait titré « Le Pape envoie les homosexuels chez le psychiatre », après une remarque dont il reconnaît cependant la maladresse. Il nie néanmoins avoir déclaré cela, et affirme avoir répondu à ceux qui lui avait reposé la question : « Ils sont les enfants de Dieu, ils ont droit à une famille, etc. ». Le montage et l'insertion de la phrase dans le documentaire est facilité par l'utilisation d'un plan montrant des prêtres priant dans la chapelle de la résidence Sainte Marthe, la demeure actuelle du Pape François.

Ne pas prendre un mot pour le sortir du contexte

Fait intéressant, le souverain pontife invite, dans la suite de l'entretien avec la journaliste mexicaine, à « ne pas prendre un mot pour le sortir du contexte ». Et, souligne-t-il, dire que les homosexuels ont le droit à une famille « ne signifie pas que vous approuvez les actes homosexuels, loin de là ».

(...)

Un dernier extrait coupé au montage

Le quatrième extrait, qui a été collé à la suite des trois premiers, n'apparaît pas dans la version originelle, et semble avoir été retiré par la journaliste mexicaine. Il n'apparaît pas dans la retranscription officielle de l'interview sur Vatican News. On peut cependant repérer une coupe nette en consultant la vidéo, et qui intervient quelques minutes plus tard dans l'entretien. Cette coupe et cet extrait ont de grandes chances de correspondre. Pour l'instant, aucune information ne permet de savoir comment le réalisateur russo-américain l'a récupéré.

Le contexte correspond : la journaliste mexicaine remarque que le Pape François s'est opposé au mariage homosexuel quand il était archevêque de Buenos Aires en Argentine, et que paradoxalement depuis son arrivée à Rome, il avait affirmé avoir eu l'impression d'être perçu comme « beaucoup plus libéral » que dans son pays d'origine.

La réponse du Pape commence ainsi : « J'ai toujours défendu la doctrine. Et il est curieux, dans la loi sur le mariage homosexuel… il est incongru de parler de mariage homosexuel ». Sur la vidéo, la journaliste lui pose alors une question, mais la fin de la citation tronquée du documentaire Francesco a de grande chance d'avoir été prise ici, tant la coupe est visible et l'enchaînement semblerait cohérent : « Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile, ils ont le droit d'être légalement couverts. J'ai défendu cela ». À noter que l'expression « cohabitation civile » (convivencia civil en espagnol) est traduite en sous-titre anglais dans le documentaire par « union civile ».

Le réalisateur surpris par la polémique

Une position beaucoup moins inédite que celle que laisse entendre le montage de Francesco. Elle peut d'ailleurs être rattachée à des prises de positions plus anciennes du successeur de Pierre. Il avait ainsi déjà tenu des propos quasiment identiques dans le livre-entretien Politique et société (2017) signé avec le sociologue Dominique Wolton, dans lequel le pontife déclarait :

« Le “mariage” est un mot historique. Depuis toujours dans l'humanité, et non pas seulement dans l'Église, c'est un homme et une femme. On ne peut pas changer cela comme ça, à la belle étoile […]. C'est la nature des choses. Elles sont comme ça. Appelons donc cela les “unions civiles” ».

Ce que contient le livre d'entretiens du Pape François et dont personne ne parle
« Dieu argent », morale, miséricorde, dialogue inter-religieux…
le livre d'entretiens du souverain pontife avec Dominique Wolton recèle
de nombreux développements sur des sujets ignorés par les médias.

(...)

Polarisation des réactions au sein de l'Église

Les réactions semblent pour l'instant ignorer la confusion qui aurait pu être générée par le montage d'Evgeny Afineevsky : le révérend James Martin, un jésuite américain qui prône une ouverture aux homosexuels catholiques, a salué les commentaires comme « un grand pas en avant dans le soutien de l'église aux personnes LGBT », sur Twitter. De l'autre côté, Mgr Thomas Tobin de Providence (États-Unis) a demandé des éclaircissements sur Twitter : « La déclaration du Pape contredit clairement l'enseignement de longue date de l'Église sur les unions de même sexe », a-t-il déclaré dans un communiqué. « L'Église ne peut pas soutenir l'acceptation de relations objectivement immorales ».

Le Père Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, qui a vu le documentaire lors de la première à Rome, parle pour sa part d'un film construit avec des « morceaux extraits de ». « Il n'y a rien de nouveau. Ce qui reste et me frappe, c'est la capacité d'écoute de François », affirme-t-il dans un entretien donné à L'Avvenire.

Lire l'article complet sur le site Aleteia

Kizito Mihigo - Le Pape François - Hymne au Saint Père

Kizito Mihigo, né le 25 juillet 1981 à Kibeho et mort (assassiné) le 17 février 2020 à Kigali, est un chanteur de gospel, auteur de chants liturgiques, organiste et compositeur rwandais militant pour la paix et la réconciliation (Wikipedia)


Déclaration du cardinal Raymond Burke sur les propos attribués au Pape François sur les homosexuels et l'“union civile”

Je vous propose ci-dessous la traduction intégrale de la Déclaration du cardinal Burke sur les propos attribués au Pape François sur les homosexuels et leur droit de ne pas être expulsés de leur famille, ainsi que son appel à créer « une loi sur [la cohabitation] civile » qui leur permette d'être « couverts par la loi ». Il s'agit de la traduction officielle et intégrale de ce texte, approuvée par Son Eminence.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.com (*)

Déclaration

Les médias du monde entier ont diffusé avec une lourde insistance, en la présentant comme un changement de cap, la nouvelle selon laquelle le Pape François a déclaré que les personnes de condition homosexuelle, en tant qu'enfants de Dieu, « ont le droit d'avoir une famille », et que « personne ne peut être expulsé d'une famille, ni vivre une vie impossible à cause de cela ». Ces médias écrivent en outre qu'il a déclaré : « Ce que nous devons créer, c'est une loi sur la [cohabitation] civile. De cette façon, ils seront couverts par la loi. J'ai défendu cela. » Ces déclarations ont été faites lors d'un entretien avec Evgeny Afineevsky [1], réalisateur d'un documentaire, Francesco, présenté en première le 21 octobre 2020, à l'occasion du Festival du film de Rome (Festa del Cinema di Roma).

De telles déclarations [2] engendrent un grand désarroi et provoquent la confusion et l'erreur parmi les fidèles catholiques, dans la mesure où elles sont contraires à l'enseignement de l'Écriture Sainte et de la Tradition Sacrée, ainsi qu'au Magistère récent par lequel l'Église garde, protège et interprète tout le dépôt de la foi contenu dans l'Écriture Sainte et la Tradition Sacrée. Ils sont cause d'étonnement et d'erreur quant à l'enseignement de l'Église chez les personnes de bonne volonté, qui souhaitent sincèrement savoir ce que l'Église catholique enseigne. Aux pasteurs des âmes, elles imposent le devoir, en conscience, d'apporter les justes et nécessaires clarifications.

Tout d'abord, le contexte et les circonstances de [tels propos] les privent de tout caractère magistériel. [Ils] sont à juste titre interprétés comme de simples opinions privées de la personne qui les a faites. Ces [propos] ne lient en aucune façon les consciences des fidèles, qui sont au contraire obligés d'adhérer avec une religieuse soumission à ce que l'Écriture Sainte et la Tradition Sacrée, ainsi que le Magistère ordinaire de l'Église enseignent sur le sujet. Il convient en particulier de noter ce qui suit.

1. « S'appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que “les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” » (Catéchisme de l'Église catholique, n. 2357 ; Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, Persona humana, « Déclaration sur certaines questions d'éthique sexuelle », n. VIII, voir note 1), dans la mesure où ils sont contraires à la loi naturelle, fermés au don de la vie et dépourvus d'une véritable complémentarité affective et sexuelle. Ils ne peuvent donc pas être approuvés.

2. Les inclinations particulières et parfois foncières des personnes, hommes et femmes, se trouvant dans la condition homosexuelle, et qui sont pour elles une épreuve même si elles ne constituent pas en elles-mêmes un péché, doivent être néanmoins considérées comme objectivement désordonnées (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 2358 ; Congrégation pour la Doctrine de la foi, Homosexualitatis problema, « Lettre aux évêques de l'Eglise catholique sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles », n. 3, voir note 2 ). C'est pourquoi ces personnes doivent être reçues avec respect, compassion et délicatesse, en évitant toute discrimination injuste [ce que dit le Pape François]. La foi catholique enseigne aux fidèles à haïr le péché mais à aimer le pécheur.

3. Les fidèles, et tout particulièrement les hommes politiques catholiques, sont tenus de s'opposer à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (Congrégation pour la Doctrine de la foi, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », Diverse questioni concernenti l'omosessualità, n. 10, voir note 3). Le droit de fonder une famille n'est pas un droit privé qui peut faire l'objet de revendications : il doit correspondre au projet du Créateur qui a voulu créer l'être humain dans la différence sexuelle, « homme et femme Il les créa » (Gn 1, 27), l'appelant ainsi, mâle et femelle, à transmettre la vie. « Le droit civil confère aux couples mariés une reconnaissance institutionnelle parce qu'ils remplissent le rôle de garantir la suite des générations et sont donc d'un intérêt public majeur. Par contre, les unions homosexuelles n'exigent pas une attention spéciale de la part du système juridique car elles ne jouent pas ce rôle en faveur du bien commun » (Ibidem, n° 9, voir note 4). Parler d'union homosexuelle au sens de l'union conjugale des époux, est, en réalité, gravement trompeur, car une telle union ne peut exister entre personnes du même sexe. Pour ce qui est de l'administration de la justice, les personnes de condition homosexuelle, comme tous les citoyens, peuvent toujours recourir aux dispositions de la loi pour sauvegarder leurs droits privés.

C'est une source de tristesse profonde et de préoccupation pastorale très vive que de voir que les opinions privées rapportées [hors contexte] avec tant d'insistance et attribuées au Pape François par la presse ne correspondent pas à l'enseignement constant de l'Église, tel que l'exprime l'Écriture Sainte et Tradition Sacrée, et tel qu'il est gardé, protégé et interprété par le Magistère. Tout aussi attristants et inquiétants sont le désarroi, la confusion et l'erreur qu'ils provoquent parmi les fidèles catholiques, tout comme le scandale qu'ils provoquent plus généralement, en donnant l'impression totalement fausse que l'Église catholique a changé de cap, c'est-à-dire qu'elle a modifié son enseignement pérenne au sujet de questions aussi graves et fondamentales.

Raymond Leo Card. BURKE
Rome, le 22 octobre 2020

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.com (*)

[1] Rectification de Pierre et les Loups : Ces propos ont été tenus dans un autre contexte, en 2019, lors d'un entretien entre François et la journaliste Valentina Alazraki, et repris, coupés et remaniés en octobre 2020 par Evgeny Afineevsky, réalisateur d'un documentaire, Francesco, pour en faire une prétendue déclaration du Pape.

[2] Nous l'aurons compris, il ne s'agit pas d'une déclaration du Pape mais d'un montage de différents morceaux d'un entretien tenu en 2019. François n'est dès lors pas responsable de ce scandale provoqué chez les fidèles (qui sont invités à écouter l'entretien original pour entendre ces paroles en contexte), mais bien l'auteur de ce montage et les médias qui s'en emparent comme des vautours pour créer le trouble chez les fidèles !


(*) Remarque de Pierre et les Loups : je vous invite à être prudent par rapport aux articles publiés sur le blog de Jeanne Smits, qui est une personne critiquant beaucoup le pontificat de François. Il nous faut toujours faire preuve de discernement. Cela ne veut pas dire que tout ce que cette journaliste catholique publie sur son blog doit être rejeté, mais nous devons appliquer le commandement de Jésus : « discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. » (1 Th 5: 21-22) Ce n'est pas parce que je partage l'un de ses articles sur Pierre et les Loups que j'approuve nécessairement tout ce que cette personne publie sur son propre blog.

* * *

Familles homosexuelles. Ce que le Pape a dit et ce que lui a fait dire Afineevsky

Source : Belgicatho

C'est ce que dit le Pape à propos des "familles" homosexuelles dans le docufilm "Francesco" du réalisateur Evgeny Afineevsky (photo) présenté le 21 octobre au Festival du film de Rome :

"Las personas homosexuales tienenen derecho a estar en la familia. Son hijos de Dios, tienenen derecho a una familia. No se puede echar de la familia a nadie, ni hacer la vida imposible por eso. Lo que tenemos que hacer es una ley de convivencia civil. Tienenen derecho a estar cubiertos legally. Yo defendí eso".

Cela ressemble à ceci :

"Les personnes homosexuelles ont le droit d'être dans une famille. Ce sont des enfants de Dieu, ils ont droit à une famille. Vous ne pouvez pas éloigner quelqu'un de sa famille ou lui rendre la vie impossible. Ce que nous devons faire, c'est une loi de coexistence civile. Ils ont le droit d'être légalement couverts. Je l'ai défendue".

[...]

... le père Antonio Spadaro, un jésuite très proche de Jorge Mario Bergoglio, a immédiatement déclaré qu'il n'y avait rien de nouveau dans ces mots et que ce sont les mêmes mots déjà prononcés par François dans une précédente interview de la journaliste Valentina Alazraki, pour la télévision mexicaine Televisa.

Et c'est vrai. Mais avec des coupures, des coutures et des interpolations qui ont en fait radicalement changé le sens de ces mots.

Voici en effet (...) le texte original de cette interview dans la partie utilisée dans le film, dans la transcription du texte publiée par le Vatican le 28 mai 2019 avec la cassette vidéo. Les mots saillants sont mis en italique, et les quelques phrases reproduites dans le film sont soulignées en gras.

FRANCOIS - Ils m'ont posé une question pendant le vol - après je me suis fâché, je me suis fâché parce qu'un journal l'a rapporté - sur l'intégration familiale des personnes d'orientation homosexuelle. J'ai dit : les homosexuels ont le droit de rester dans la famille, les personnes ayant une orientation homosexuelle ont le droit de rester dans la famille et les parents ont le droit de reconnaître cet enfant comme homosexuel, cette fille comme homosexuelle, vous ne pouvez pas expulser quelqu'un de la famille ou lui rendre la vie impossible. Une autre chose que j'ai dite, c'est que lorsque vous voyez des signes chez les garçons qui grandissent, vous devez les envoyer, j'aurais dû le dire auprès d'un professionnel, et au lieu de cela, j'ai sorti 'psychiatre'. D'où le titre de ce journal : "Le Pape envoie les homosexuels chez le psychiatre". Ce n'est pas vrai ! Ils m'ont encore posé la même question et je leur ai répété : ils sont enfants de Dieu, ils ont droit à une famille, et c'est tout. Et j'ai expliqué : j'ai eu tort d'utiliser ce mot, mais je voulais dire ceci. Lorsque vous remarquez quelque chose d'étrange, non, pas étrange, quelque chose qui sort de l'ordinaire, ne prenez pas ce petit mot pour déformer le contexte. Ce qu'il dit, c'est qu'il a droit à une famille. Et cela ne signifie pas qu'il faut approuver les actes homosexuels, bien au contraire.

VALENTINA ALAZRAKI - Vous savez ce qui se passe, quand on détache souvent du contexte, c'est aussi un vice de la presse. Lorsque vous avez dit, lors de votre premier voyage, cette phrase très célèbre : "qui suis-je pour juger", vous avez dit auparavant : "nous savons déjà ce que dit le catéchisme". Ce qui se passe, c'est qu'on ne se souvient pas de cette première partie, et que l'on se souvient seulement de : "qui suis-je pour juger". Ensuite, cela a également suscité de nombreuses attentes dans la communauté homosexuelle mondiale, car ils pensaient que vous iriez de l'avant.

FRANCOIS - Oui, j'ai fait des déclarations comme celle-ci sur la famille pour aller de l'avant. La doctrine est la même, celle des divorcés a été réajustée, dans la ligne cependant de "Amoris laetitia", au chapitre huit, qui est de retrouver la doctrine de saint Thomas, et non la casuistique.

VALENTINA ALAZRAKI - C'est ce qui crée parfois le problème.

FRANCOIS - Je comprends, mais pas quand ils sortent un mot de son contexte comme avec ce "psychiatre", on n'a pas le droit. Et c'est étrange, on m'a dit que c'était une personne incroyante qui me défendait. Elle a dit quelque chose que je n'avais jamais entendu auparavant, que l'expression "voir un psychiatre" était un lapsus.

VALENTINA ALAZRAKI - Pape François, il y a quelque chose qui attire mon attention. Certaines de vos connaissances lorsque vous viviez en Argentine disent que vous étiez conservateur, pour utiliser toujours des catégories, disons, dans la doctrine.

FRANCOIS - Je suis un conservateur.

VALENTINA ALAZRAKI - Vous avez mené toute une bataille contre les mariages entre personnes de même sexe en Argentine. Et puis ils disent qu'il est venu ici, qu'il a été élu pape et que maintenant il semble beaucoup plus libéral qu'il ne l'était en Argentine. Vous reconnaissez-vous dans cette description de certaines personnes qui vous ont connu avant, et est-ce la grâce du Saint-Esprit qui vous a donné un nouvel élan ? [rires],

FRANÇOIS - La grâce de l'Esprit Saint existe, bien sûr. J'ai toujours défendu la doctrine. Et c'est curieux, dans la loi sur le mariage homosexuel... il est incongru de parler de mariage homosexuel.

* * *

Comme on peut le voir, dans l'interview originale, il n'y a pas un seul mot dans lequel François s'est écarté de la doctrine de l'Église.

La famille dont parle le Pape n'est que celle dont l'homosexuel est un fils, dans laquelle il doit être accueilli avec compréhension et amour.

En ce qui concerne les actes homosexuels, il confirme que ce que dit le Catéchisme de l'Église catholique continue de s'appliquer, qui les désapprouve toujours comme "intrinsèquement désordonnés".

Et sur le "mariage" homosexuel, il affirme que la simple mention de celui-ci est "une incohérence", en référence à la "bataille" qu'il a menée en tant qu'archevêque en Argentine contre, précisément, la légitimation des mariages de ce type et en faveur d'une simple loi de "cohabitation civile" entre personnes du même sexe.

Suivant un arrêt de la bande vidéo de l'interview de Valentina Alazraki, il est clair que sur ce dernier point, François a dû dire quelque chose de plus, puis [le reste de ses propos ont été coupés]. Et ce sont précisément certains de ces mots qui, dans le film, ont été récupérés et cousus aux autres, évidemment avec la collaboration active des responsables des médias du Vatican :

"Lo que tenemos que hacer es una ley de convivencia civil. Tienenen derecho a estar cubiertos legally. Yo defendí eso".

En traduction :

"Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile. Ils ont droit à une couverture juridique. J'ai défendu cela".

Et pas seulement cela. Les trois courtes phrases tirées de l'interview de 2019 ont été interchangées dans le film, donnant la plus grande importance à celle dans laquelle le Pape dit que les homosexuels "ont droit à une famille". Ce qui, lié à sa volonté expresse de donner à ces unions une "couverture légale", finit par faire passer le message de l'approbation [apparente] par le pape des "mariages" entre homosexuels, avec des enfants comme dans une famille normale.

En bref, [à cause de] ce copier-coller sans scrupules, François se retrouve à dire dans ce film des choses radicalement différentes de ce qu'il a dit à l'origine avec les mêmes mots.

Comment les autorités du Vatican ont-elles réagi au rugissement des médias du monde entier sur ce changement révolutionnaire de la doctrine de l'Église catholique sur l'homosexualité ?

Les médias du Saint-Siège ont donné de brèves nouvelles du film - sans faire la moindre mention des passages sur les unions homosexuelles - mais seulement avant sa projection et surtout avant que la "nouvelle de dernière heure" n'explose.

Et après les dernières nouvelles, ils sont restés dans un silence absolu. Sans même signaler que dans l'après-midi du jeudi 22 octobre, dans les jardins du Vatican, en présence du préfet du département de la communication Paolo Ruffini, le réalisateur Evgeny Afineevsky a reçu le prix Kinéo Movie for Humanity, précisément pour son docufilm "Francesco".

Mais le silence du Pape était bien plus impressionnant.

Ce n'est pas la première fois que François voit certaines de ses déclarations déformées. Mais dans ce cas, le basculement de sens que ses paroles ont subi est d'une gravité sans précédent. [...]

* * *

Conclusion de Pierre et les Loups :

« Ce que nous devons faire, c'est une loi de cohabitation civile. Ils ont droit à une couverture juridique. J'ai défendu cela. »

Il y a vraisemblablement eu, de la part de certains membres au sein du Vatican, une volonté de retirer ces derniers mots de l'entretien original de 2019 ; pas nécessairement pour les censurer mais parce qu'ils savaient qu'ils pourraient en tirer profit ultérieurement pour la défense des unions homosexuelles... Ainsi, en 2020 ils les ressortirent des archives du Vatican et les confièrent à Evgeny Afineevsky pour qu'il puisse en faire un montage qui serait destiné à être vu par le monde entier. Les médias s'emparèrent alors de ces paroles, hors contexte, que le monde s'apprêtait à entendre pour la première fois. C'était certainement le but visé car ainsi on laisse penser que le Pape lui-même approuve les unions homosexuelles ce qui donne une force colossale aux ennemis de l'Eglise pour avancer leur agenda LGBT et subvertir l'enseignement de l'Église (et au final ériger leur fausse église à sa place).

Nous savons que de nombreux loups (Franc-maçonnerie ecclésiastique — lire Le Pape et la Passion de l'Eglise) se sont introduits dans les murs du Vatican. Comme saint Paul VI le disait lui-même en parlant des fumées de Satan qui se sont introduites par quelque fissure dans l'Église. C'est aussi ce qui explique, selon moi, la conclusion si dramatique de la prophétie des papes attribuée à saint Malachie :

« Dans la dernière persécution de la sainte Église romaine siégera Pierre le Romain (François, selon moi) qui fera paître ses brebis (*) à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite et le juge redoutable jugera son peuple. Fin »

(*) Voyez la croix pectorale choisie par François lors de son élection. Un berger qui fait paître ses brebis. Coïncidence, vraiment ?

Nous vivons encore dans le temps de la miséricorde, mais ce temps touche à sa fin. Si cette cité aux sept collines doit finalement être détruite (cité représentant Rome mais également le Vatican), c'est que celle-ci est devenue si corrompue que Dieu, lorsque l'heure du jugement sera venue, n'aura pas d'autre choix que de la détruire, comme il le fit pour Sodome et Gomorrhe. C'est à ce moment que le Saint Père devra sans doute fuir Rome, en passant entre les cadavres de nombreux prêtres, cardinaux et religieux, comme l'ont prophétisé certains papes des siècles derniers.

Il est intéressant de noter que la destruction de Rome et la fuite du Pape, loin des ruines du Vatican, est décrite dans le roman prophétique de Robert Hugh Benson, « Le Maître de la Terre », qui fut justement recommandé par le Pape François.

Et le même sort attend ces « salles de l'Enfer » où sont crées les mauvaises lois, en France et dans d'autres pays du monde :

Le feu du Ciel tombera sur Sodome et principalement sur cette salle de l'enfer, où se fabriquent les mauvaises lois ; elle sera engloutie et à sa place, sera comme une immense carrière de laquelle, jusqu'à la fin du monde, on ne pourra s'approcher sans un frémissement d'horreur.

Prophétie pour la France de Marie-Julie Jahenny

Ne nous étonnons donc pas que ces paroles soient diffusées avec tellement de zèle aujourd'hui par les médias, et surtout avec le soutien du Vatican. Cela fait partie du plan de l'ennemi qui touche à sa fin, un plan visant à détruire la véritable Église de l'intérieur (ce que le Christ ne permettra pas mais cela ne l'empêchera pas d'être éclipsée aux yeux du monde — ce sera sa mise au tombeau avant la Résurrection et le Triomphe du Coeur Immaculé de Marie) et d'ériger à sa place la fausse église des ténèbres. Nous pouvons en même temps deviner que le temps de la justice est désormais tout proche.

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Commentaire laissé par Gaud le

Je partage vos avis.
Il se trouve que nous avons un pape sud-américain, jésuite.
Il se prononce facilement, parle beaucoup, sous des formes qui n’engagent en RIEN son autorité apostolique.
En plus les Jésuites ont pris l’habitude de beaucoup étudier ce qui relève des sociétés civiles.

Alors?

À nous d’être assez mâtures pour discerner ce qu’il vaut la peine de lire ou d’écouter, ce qui relève de l’autorité légitime ecclésiale (la copie, très allégée de l’intervention de mgr Aillet remet bien les choses en perspective) et de laisser éventuellement de côté ce qui n’est que de l’ordre de l’opinion, et ses commentaires.
D’éviter de mettre ainsi en danger parfois la confiance, la bienveillance etc...
Nous vivons à une époque de « starisation », commencée dans le monde de la « culture »( enfin... catalogué ainsi) et ayant atteint tous les ordres de métier et d’engagement. Évitons de vouloir une « star-pape » (ou évêque, ou... ou.. ) admirable facilement, en plus d’un chef de l’Église tel que prévu et mis en place par Jésus,
Dans l’histoire les papes aux côtés difficiles n’ont pas manqué. Peut-être s’était-on déshabitués?

C’est plus difficile dans un monde se déstabilisant à vitesse V. Mais notre Roc, c’est le Christ, Dieu; le pape est une pierre.
Et Satan a beau jeu de jouer sur incompréhensions; traductions, transmetteurs .. Ce n’est pas le pape qui a voulu ce film; ce sont d’autres responsables qui ont orienté, apparemment, les recherches.
Nous ne sommes pas dans ces arcanes et devons ne pas prendre au premier degré tous les plats que l’on nous sert sous l’étiquette « pape ».
Autant nous en tenir aux déclarations marquées d’une certaine autorité, voire d’une autorité certaine.
Nous protéger , ne pas nous exposer à tous les « grains ».

C’était effectivement, à mon sens, dans les années 70-80 qu’il fallait réagir, et fort.
Maintenant, visiblement l’Église comme telle n’appartient plus aux « poids lourds » de la vie sociale, en occident du moins. Elle est même plutôt plus visiblement encore l’ennemie à abattre.
Gardons donc nos forces; et surtout notre capacité à « lever les yeux » vers Celui à Qui tout appartient, même l’histoire.

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Commentaire laissé par Philippe le

@Eric

Je suis d'accord avec ce que vous dites et il est dommageable que de tels propos apparaissent ainsi publiquement aujourd'hui. Par contre par rapport à ceci :

"Et puis, que vient faire l’opinion personnelle du pape dans ce débat. Quand l’opinion du pape est en rupture avec l’enseignement de l’église (ce qui est le cas ici) , elle n’a pas à être exprimée publiquement."

Je vous invite à lire ma conclusion ci-dessus que j'ai rajoutée hier, vous comprendrez peut être ce que vient faire cette parole aujourd'hui alors qu'elle avait été "censurée" par le Vatican en 2019 quand l'entretien original avait été diffusé. Il est évident que si l'on ne garde pas à l'esprit que les fumées de Satan sont entrées dans le peuple de Dieu, si l'on ignore que certains au Vatican ont tout sauf les intérêts de l’Église, des fidèles et du Christ à cœur, on ne peut comprendre pourquoi de telles paroles apparaissent publiquement aujourd'hui avec l'accord et les éloges d'une partie du Vatican certainement favorable à l'avancement de l'agenda pro-homosexuel, à l'édification d'une fausse église aclimatée à l'esprit du monde (voir les prophéties de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich à ce propos). On en est là malheureusement et cela explique qu'une purification terrible nous attend...

https://pierre-et-les-loups.net/le-jugement-commence-par-la-famille-de-dieu-214.html

Philippe

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Commentaire laissé par Eric Girardot le

A l'attention de Gaud

Merci pour votre réponse mais vos propos m'attristent un peu.
Je m’en explique : J’habite en France et en 1999, un contrat d’union civile (appelé PACS) ouvert aux personnes de même sexe a été voté par le parlement français.
Ce PACS correspondait à peu près à ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom d' union civile
Ce PACS à l’époque a été combattu par l’église catholique, des évêques et de nombreux laïcs
En ce temps-là (qui n’est pas si lointain) , le pape mettait en garde les fidèles non seulement contre le mariage homosexuel mais aussi contre les contrats d’union civile ouverts aux personnes de même sexe.
Et puis voilà maintenant que le pape François vient de se déclarer en faveur des contrats d’union civile ( ce qui n’est pas une surprise si l’on se souvient de son attitude en tant qu’archevêque de Buenos Aires lorsque un projet de loi sur le mariage homosexuel a été présenté en Argentine )
Est-il si difficile pour l’église catholique de tenir le cap sur cette question plutôt que de s’aligner (avec 20 ans de retard) sur la mentalité ambiante ?
Comment l’église catholique peut-elle être crédible dans ces conditions ?
Il est attristant de voir aujourd’hui de ‘’bons’’ catholiques , des évêques… défendre les propos plus qu’ambigus du Pape alors qu’ils étaient en première ligne il y a 20 ans dans la mobilisation contre des dispositions équivalentes.
Pourquoi n’adressent-ils pas (respectueusement) au Pape une demande de clarification ?
Vous connaissez l’adage : Le silence des bons favorise l’entreprise des mauvais….(des mauvais il y en a certainement dans l'entourage du pape)
Vous expliquez que le pape veut protéger les personnes d’abus divers.
De qui parle t-on ?
- des enfants homosexuels vivant dans des familles : Mais, les enfants homosexuels bénéficient des mêmes droits que les autres enfants.
- des adultes homosexuels vivant ensemble : Dans ce cas, de quels abus parle t-on ?
Et puis, que vient faire l’opinion personnelle du pape dans ce débat. Quand l’opinion du pape est en rupture avec l’enseignement de l’église (ce qui est le cas ici) , elle n’a pas à être exprimée publiquement.
Quant aux relations sexuelles entre des personnes qui cohabitent et qui éprouvent une attirance sexuelle, cela me semble couler de source.

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Commentaire laissé par Gaud le

@Éric Girardot

Le mariage est un acte sacramentel, fondé sur la loi naturelle...

L’Église sert ici ce qu’elle a reçu.

La cohabitation, qu’elle qu’elle soit, est une situation qui ne demande l’avis de personne et ne prétend à aucun statut en rapport avec le mariage.
Si le pape, à titre personnel, serait d’accord pour des décisions de sociétés civiles ce serait pour protéger les personnes d’abus divers. Sans engager autre chose.

D’ailleurs « cohabitation » n’entraîne pas forcément « relations sexuelles » .

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Commentaire laissé par Gaud le

Mgr Marc Aillet :
L’hypermédiatisation d’une parole prononcée par le Pape François sur la reconnaissance légale d’une « convivencia civil » – formule espagnole qu’il faudrait traduire plutôt par « cohabitation civile » que par « union civile » – pour les personnes de même sexe, a causé bien du trouble chez nombre de fidèles catholiques, prêtres et laïcs. Interpellé ces derniers jours sur la teneur de ce propos, il me semble opportun, comme évêque, d’apporter quelques éclaircissements. (...)

On comprendra ici qu’il y a divers degrés d’autorité de l’enseignement de l’Eglise qui entraînent différentes formes d’adhésion de la part des fidèles. Je dois adhérer dans l’obéissance de la foi à tout enseignement en matière de foi et de morale énoncé par le Pontife romain de manière solennelle, ex cathedra, c’est-à-dire lorsqu’il agit explicitement en tant que Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles : on dit qu’il jouit alors de l’Infaillibilité. Cette même infaillibilité réside dans le corps des évêques quand il exerce son magistère suprême en union avec le Successeur de Pierre(...) Les autres doctrines énoncées par le Pape et le collège des évêques, sans avoir pour autant de caractère définitif, pourvu qu’ils entendent exercer leur Magistère authentique, requièrent le respect religieux des fidèles.

Il ne s’agit pas ici d’un exercice du Magistère authentique du Pontife romain.
Il convient d’abord de préciser que c’est dans le cadre d’un documentaire(...) que le Pape François a prononcé cette parole, relayée aujourd’hui par tous les médias. Or il semble s’agir d’un montage qui concentre en une seule phrase plusieurs passages séparés de l’interview. Et si le Pape a effectivement pu prononcer la parole ci-dessus, il n’a jamais légitimé pour autant le « mariage homosexuel », ni donné un statut aux familles homoparentales ; tout au plus demande-t-il aux parents de ne pas rejeter un enfant homosexuel qui a toujours besoin de sa famille.

Parce que ce propos semble prendre acte de l’évolution des mœurs et correspondre à une revendication de la société occidentale, les médias, ignorant les degrés d’autorité des interventions pontificales(.. ) croient pouvoir y discerner une révolution dans l’enseignement du Magistère. Pour autant, une telle parole n’a évidemment pas de caractère magistériel, ni dans la forme – il n’y exerce pas son Magistère authentique – ni dans le fond – et pour cause, puisque c’est en contradiction avec le Magistère ordinaire et universel(...)

Tout en demeurant fidèle au Siège apostolique et en conservant a priori une attitude de bienveillance filiale par rapport à l’enseignement du Pape, et puisque le Magistère ordinaire et universel de l’Eglise n’est pas formellement engagé, il est donc légitime d’exprimer respectueusement son désaccord, pour autant que l’on puisse donner à l’expression « convivencia civil » le sens d’une reconnaissance des actes homosexuels(...)

Si l’Eglise ne porte pas de jugement sur les personnes – « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés » (Lc 6, 37) – elle n’en pose pas moins un jugement sur la qualité morale des actes, sans enfermer jamais la personne dans ses actes, confiante dans la capacité de progrès de toute personne humaine (...)

(...)

Le Pape est le premier gardien de la doctrine de l’Eglise
Je rappelle donc que le Pape François, dans cette interview, ne pouvait pas prétendre donner un contenu magistériel à l’opinion qu’il a ainsi émise. Il faut donc en relativiser la portée et ne pas se scandaliser que les médias s’en soient emparé, au risque de mettre de la confusion et de la division au sein du peuple chrétien et au-delà.
C’est donc pour le moins un malentendu, quand les médias croient y discerner une expression de l’autorité suprême de l’Eglise. Il est utile de rappeler, contrairement à ce que j’ai entendu d’un journaliste sur France Info, que ce n’est pas le Pape qui fait la doctrine de l’Eglise, il est seulement le premier à avoir mission de veiller sur la foi catholique reçue des apôtres.(...)

Ne nous laissons donc pas intimider par l’insistance et la frénésie avec lesquelles les médias ont diffusé cette parole isolée du Pape François, dont le contexte a été si légèrement traité(...)
On voit donc, pour conclure, que dans le traitement de cette information, les médias font preuve, au mieux, d’une ignorance sur les degrés d’autorité de la parole pontificale, au pire d’un acquiescement servile aux idéologies à la mode, sans doute sous la pression de lobbies(...), qui prétendent imposer à l’Eglise un changement de sa doctrine constante...

(Source : diocese64.org)

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Commentaire laissé par Eric Girardot le

Ces articles me laissent perplexes …(pour ne pas dire plus)
Je souhaiterais illustrer mon propos à partir du passage suivant
« Comme on peut le voir, dans l'interview originale, il n'y a pas un seul mot dans lequel François s'est écarté de la doctrine de l'Église…..
Et sur le "mariage" homosexuel, il affirme que la simple mention de celui-ci est "une incohérence", en référence à la "bataille" qu'il a menée en tant qu'archevêque en Argentine contre, précisément, la légitimation des mariages de ce type et en faveur d'une simple loi de "cohabitation civile" entre personnes du même sexe. »

François ne s’est donc pas écarté de la doctrine de l’Eglise …mais en même temps , il s’est déclaré en faveur d’une loi de ‘’cohabitation civile’’ entre personnes de même sexe lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires

Si les mots ont un sens, une cohabitation civile cela veut dire 2 êtres humains (dans ce cas de même sexe) qui vivent ensemble, partagent tout et naturellement ont des relations sexuelles ‘’intrinsèquement désordonnées’’

Pouvez-vous m’expliquer en quoi cette position est conforme à la doctrine de l’Eglise ?

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Commentaire laissé par Agostinho Lobo le

Fiquei esclarecido, após um primeiro choque inicial! Mas os inimigos do Papa Francisco conseguiram o que almejavam, que foi distorcer a verdade e causar um impacto negativo, impacto este que vai levar muito tempo a desaparecer. Infelizmente, é assim que a generalidade das pessoas reage, ou seja, o primeiro impacto está causado e é o que vale!
Mais do que nunca o Papa Francisco precisa das nossas orações, porque está visto que se encontra rodeado de inimigos que o tentam desacreditar e, com isso, ferir a Igreja Católica Apostólica Romana.

--- Traduction ---

J'ai été éclairci, après un premier choc initial! Mais les ennemis du pape François ont réalisé ce qu'ils voulaient, qui était de déformer la vérité et de provoquer un impact négatif, un impact qui mettra longtemps à disparaître. Malheureusement, c'est ainsi que réagissent la plupart des gens, c'est-à-dire que le premier impact est causé et ça compte!
Plus que jamais, le pape François a besoin de nos prières, car on le voit entouré d'ennemis qui tentent de le discréditer et, avec cela, blessent l'Église catholique romaine.

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Commentaire laissé par Patrice M. le

Bonjour
Je vous remercierais jamais assez pour ces explications et l’éclairage que vous nous apportez des propos de notre Saint Père le Pape François. Je me suis laissé moi même berner par cette manipulation malsaine issue de certains journalistes malfaisants ;-(
Patrice M.

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